Directeur du CGDIS"Il faut sensibiliser davantage les jeunes au risque après l'incendie en Suisse"

Annick Goerens
traduit pour RTL Infos
Paul Schroeder, directeur général du CGDIS, était l'invité de la rédaction de RTL lundi matin. Il est notamment revenu sur la catastrophe de Crans Montana.
© CGDIS

Depuis la création du CGDIS, le nombre d’interventions ne cesse d’augmenter. L’année dernière, il y en a eu 75.700, soit une hausse d’environ 5% par rapport à 2024. Il s’agit en majorité de sorties d’ambulance ou du SAMU. L’augmentation est essentiellement due à ce secteur. Pour les autres interventions, telles que les incendies, les opérations techniques ou les accidents de la route, la hausse est plutôt marginale”, a déclaré lundi matin sur RTL Paul Schroeder, le directeur général du CGDIS, le Corps grand-ducal d’incendie et de secours.

L’année dernière a été marquée par plusieurs grands incendies, notamment dans une installation industrielle à Colmar-Berg, dans plusieurs exploitations agricoles et à deux reprises, plusieurs gros feux se sont produits simultanément, mais à des endroits différents du pays. Cela représente évidemment toujours un défi pour les équipes. Lors de situations météorologiques particulières (fortes pluies, tempêtes), le nombre d’interventions augmente nettement, “mais l’année dernière nous avons été relativement épargnés”, a estimé le directeur du CGDIS.

À Noël, la situation a été calme, tout comme au Nouvel An, avec seulement un blessé à cause des feux d’artifice. Cela peut naturellement s’expliquer par le fait que les feux d’artifice sont interdits dans de nombreuses localités.

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Quatre causes pour les catastrophes telles que Crans Montana

Des tragédies comme celle survenue la nuit du Nouvel An à Crans Montana “se produisent malheureusement régulièrement dans le monde et font ensuite partie de la formation des pompiers. On y apprend qu’il existe généralement quatre causes à ce type de catastrophe”, a indiqué Paul Schroeder. “Premièrement, l’utilisation de matériel pyrotechnique. Deuxièmement, l’emploi de matériaux facilement inflammables ou d’isolants, le plus souvent des isolants acoustiques. C’est généralement aussi lié à des locaux bondés. Enfin, des issues de secours insuffisantes ou bloquées” constituent la quatrième cause de tels drames.

Et Paul Schroeder de citer plusieurs incendies passés, notamment celui de 1970 à Saint-Laurent-du-Pont en France, où 170 personnes avaient perdu la vie dans un incendie dans une discothèque, celui de 2003 au Station Nightclub (100 personnes décédées) et un incendie l’année dernière dans une discothèque en Macédoine du Nord, où 63 personnes avaient trouvé la mort.

Dans tous ces exemples, “le déroulement est identique”. “Les prescriptions et les contrôles sont une chose, mais la sensibilisation et une prise de conscience collective en sont une autre.” Les exploitants et le personnel des restaurants, bars, discothèques et associations qui organisent des fêtes, ont également une responsabilité. “Et puis, bien sûr, le comportement des utilisateurs, des clients ou simplement des personnes qui participent à ces fêtes, contribue également à ces situations”, a ajouté le directeur général du CGDIS.

Sensibiliser davantage : Crans Montana n’est “pas un phénomène nouveau”

Ce n’est pas un phénomène nouveau” et tout le monde devrait le savoir. “Il ne s’agit absolument pas d’un reproche” envers qui que ce soit, précise Paul Schroeder. Mais il faut surtout agir auprès des jeunes pour qu’ils puissent évaluer correctement ce risque. “Lors de l’incendie du Station Nightclub en 2003 aux États-Unis, une personne avait filmé les 13 premières minutes du sinistre. C’était un concert de rock avec usage de pyrotechnie. En 2,5 minutes, tout le bâtiment était rempli de fumée et les spectateurs n’en étaient plus sortis. La plupart n’en avaient pas conscience. Ils pensaient avoir davantage de temps pour évacuer.

Réforme du Samu

Une question qui a suscité beaucoup d’agitation l’année dernière était de savoir pourquoi seuls les anesthésistes sont autorisés à accompagner le SAMU et pas les urgentistes, qui sont également formés pour cela. Au CGDIS, un projet visant à réformer le SAMU est en préparation. Les différentes instances ont été consultées pour donner leur avis. Tous ces avis ont désormais été reçus et sont en cours d’analyse en interne. La semaine prochaine, le conseil d’administration du CGDIS se réunira, et ces avis seront présentés. Le directeur général indique qu’il y a toute une série de remarques et de propositions intéressantes, mais il n’a pas souhaité entrer dans les détails.

Pour 2026, la priorité sera la résilience. Le gouvernement a présenté sa stratégie nationale en la matière. Par ailleurs, le recrutement reste un sujet important. Il s’agit de revoir le statut des volontaires, mais aussi celui des professionnels, avec une nouvelle campagne de recrutement prévue en mars, a expliqué Paul Schroeder.

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