"C’était une scène d’horreur, un vrai cauchemar"Un Luxembourgeois raconte comment l'incendie s'est déroulé en Suisse

RTL Infos
AFP
Eliot Thelen se trouvaient au bar "La Constellation" dont l'incendie a fait plusieurs dizaines de morts jeudi en Suisse. Il témoigne de cette soirée qui a tourné au "cauchemar".
TOPSHOT - Mourners gather near the bar Le Constellation where a fire ripped through the venue during New Year's celebrations in the Alpine ski resort town of Crans-Montana killing around 40 people and injuring more than 100 others, in Crans-Montana on January 2, 2026.
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L’incendie meurtrier qui a ravagé un bar de la station de ski suisse de Crans-Montana a fait, à ce stade, 119 blessés, parmi lesquels 113 ont pu être identifiés, dont 14 Français, 11 Italiens, quatre Serbes et un Luxembourgeois, a indiqué vendredi la police locale. Joueur de l’équipe nationale espoirs (U21) de football, Eliot Thelen a été légèrement blessé. Il a pu quitter l’hôpital jeudi après-midi.

Comme beaucoup d’autres jeunes, Eliot se trouvait dans la nuit du Nouvel An dans le bar avec quatre amis pour fêter l’arrivée de la nouvelle année. Lorsqu’un incendie s’est déclaré vers 1h30 du matin dans le sous-sol de l’établissement, il se trouvait au rez-de-chaussée, non loin de la sortie : “Soudain tout le monde s’est mis à courir depuis l’étage inférieur et je ne comprenais rien, parce qu’il n’y avait pas vraiment de panique. Les gens montaient simplement et je me suis dit : “ok, ils sortent juste.” Et puis, tout à coup, je me retourne et je reçois le feu en plein visage.”

“Pendant trois ou quatre secondes, je me suis dit : “bon, là c’est fini.”
Eliot Thelen

Sous la violence des flammes, il est tombé au sol. “J’étais allongé là dans l’embrasure de la porte. Je crois qu’il y avait deux ou trois personnes sur moi et je ne pouvais en fait pas sortir, mes pieds étaient coincés. Pendant trois ou quatre secondes, je me suis dit : “bon, là c’est fini.” Parce qu’il y avait du feu au-dessus de moi. Je n’arrivais plus à respirer. Alors j’ai retenu ma respiration.”

Pour Eliot, tout s’est finalement bien terminé. Il s’en sort avec de légères brûlures à la main et au ventre. Mais les images de cette soirée ne le quitteront pas de sitôt. Le pire, selon lui, ce furent les heures qui ont suivi l’accident. “Parce que c’était une scène d’horreur, un vrai cauchemar. Ensuite, j’ai immédiatement cherché mes amis. Je les ai retrouvés assez vite, mais ils souffraient comme jamais.”

Images du début de l'incendie à Crans-Montana
Images UGC de l’incendie dans un bar à Crans-Montana qui a fait environ 40 morts et au moins une centaine de blessés, en pleine célébration du Nouvel An.

Les propriétaires du bar entendus par les enquêteurs

Les autorités ont dénombré pour l’instant 40 décès. “Une cinquantaine de blessés ont été transférés ou vont l’être tout prochainement dans des pays européens, dans des centres spécialisés pour les grands brûlés”, a par ailleurs indiqué Mathias Reynard, le président du gouvernement valaisan, lors d’une conférence de presse à Sion.

Lors d’une conférence de presse à Sion, Béatrice Pilloud a indiqué que plusieurs personnes avaient été entendues et que des constatations ont été faites sur place. “Dans les auditions qui ont été menées, il y a notamment les deux gérants français et des personnes rescapées”, a détaillé Mme Pilloud.

Des sources concordantes ont indiqué jeudi à l’AFP que les propriétaires du bar sont un couple originaire de Corse.

La thèse de l’accident est privilégiée

Mme Pilloud a précisé vendredi que les deux gérants avaient été entendus “à titre de personnes appelées à donner des renseignements”. “Pour l’instant, il n’y a aucune responsabilité pénale qui a été établie”.

Ces auditions ont permis d’aider à établir des listes de personnes qui étaient présentes lors de la soirée et ont “également permis d’expliquer la configuration intérieure des lieux, les travaux réalisés et la capacité d’accueil”, a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, “tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes ou des feux de Bengale qui ont été mis sur les bouteilles de champagne et le tout a été approché de trop près du plafond. De là, il s’est produit un embrasement rapide, très rapide et général”, a-t-elle poursuivi. “C’est une hypothèse qui est privilégiée et qui tend à se confirmer”.

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