
Ils s’étaient probablement imaginé l’ouverture de la FindelClinic autrement. En plein cœur de la tempête autour de l’affaire concernant le docteur Philippe Wilmes, ni lui ni son confrère et cofondateur du nouveau centre médical, le docteur Alain Schmit, ne sont disponibles pour une interview sur l’ouverture.
Selon le site web du nouveau centre médical, les consultations ont commencé ce lundi. Du test d’effort cardiaque à la consultation en vue de voyages, en passant par l’échographie de la thyroïde ou des vaisseaux du cou, jusqu’à l’acupuncture, l’offre est vaste. En ligne, les patients peuvent actuellement prendre rendez‑vous avec six médecins : trois cardiologues, un généraliste, un interniste et, justement, un orthopédiste, le docteur Philippe Wilmes.
La semaine dernière, on apprenait que les Hôpitaux Robert Schuman allaient résilier le contrat d’agrément du docteur Wilmes. Depuis le 20 janvier déjà, l’orthopédiste n’est plus autorisé à opérer dans cet hôpital. Et cela, parce qu’il est accusé d’avoir pratiqué des opérations du genou inutiles.Des reproches que le médecin conteste vigoureusement. La suspension provisoire prononcée par les Hôpitaux Robert Schuman devrait donc désormais devenir définitive. Cela signifie également que le médecin libéral devra fermer son cabinet privé au sein des Hôpitaux Robert Schuman.
A la demande du ministère de la Santé, trois experts doivent analyser d’ici fin avril les erreurs médicales présumées du docteur Wilmes et remettre un rapport. Sur cette base, la ministre de la Santé devra décider de la suite à donner à l’affaire. Pour le moment, l’orthopédiste est encore autorisé à recevoir des patients, mais il ne peut plus opérer.
La FindelClinic est un centre médical pluridisciplinaire, est-il indiqué sur son site web. Une quinzaine de médecins, principalement des spécialistes, devraient à l’avenir y travailler ensemble pour proposer une offre interdisciplinaire. Il ne s’agit pas d’une clinique, avaient précisé les docteurs Schmit et Wilmes lors d’une interview sur RTL l’automne dernier. L’objectif est d’améliorer l’accès aux soins, ainsi que la collaboration entre médecins en dehors des hôpitaux.
La FindelClinic est controversée. Rien que son nom suggère qu’il s’agit d’un hôpital. Cette utilisation enfreint la loi hospitalière, avait critiqué le Collège médical dans un courrier à l’automne, en rappelant que ce terme est réservé aux établissements hospitaliers.
Les deux fondateurs, Alain Schmit et Philippe Wilmes, s’étaient par le passé engagés, en tant que président et vice‑président de l’Association des médecins et médecins‑dentistes (AMMD), en faveur d’une forte libéralisation de la médecine, notamment en avançant l’argument que le Luxembourg n’était plus financièrement attractif pour les médecins. Le fait qu’ils aient fait entrer des investisseurs externes dans le projet de FindelClinic, tels que Marc Giorgetti et le banquier Marc Hoffmann, avait également suscité des critiques.
Lors d’une interview à RTL, la ministre de la Santé Martine Deprez avait toutefois accueilli la nouvelle de la création de la FindelClinic avec un certain calme : “Il s’agit d’un projet immobilier. C’est de la location immobilière ou mobilière, c’est ce qui figure dans l’objet. Il n’est pas nécessaire d’informer le ministère lorsqu’on entreprend ce genre de choses.”