Conflit au Moyen-Orient"On risque d’atteindre le seuil de la troisième guerre mondiale"

François Aulner
adapté pour RTL Infos
Le droit international est bafoué par les États-Unis et Israël. C'est ce qu'a déclaré jeudi matin sur RTL Marc Baum, député du Parti de gauche, à propos de la situation actuelle au Moyen-Orient.

La guerre menée par les États-Unis contre l’Iran et les bombardements israéliens au Liban, qui ont fait des centaines, voire des milliers de morts parmi les civils, sont inacceptables pour Marc Baum qui s’est posé la question suivante: “y a-t-il alors une différence fondamentale entre ce que fait Poutine en Ukraine et ce que fait Trump en Iran ?”.

Selon l’invité, empêcher l’islamisme radical ou le programme nucléaire iranien, n’est pas une question de légitimité, mais de droit. Les actions des États-Unis et d’Israël conduisent à une “escalade de la situation”. L’économie mondiale ne tient qu’à un « fil » non seulement à cause du pétrole, mais aussi des engrais. “C’est un feu de forêt qui se propage, et nous risquons d’atteindre le seuil de la troisième guerre mondiale, un acte d’irresponsabilité sans précédent”, a déclaré le député du Parti de gauche.

Lorsqu’on lui a demandé si le Luxembourg devait rompre ses liens avec les États-Unis et Israël, Marc Baum a répondu : “Non, ce n’est pas ce que pense le Parti de gauche !

Selon lui, le Luxembourg devrait utiliser “sa force diplomatique” pour revenir à la table des négociations, où les conflits seraient résolus “dans un monde fondé sur des règles”.

Des mesures de compensation, mais...

Même si l’on pourrait certainement reprocher à la transition énergétique d’avoir été et d’être “beaucoup trop lente”, la gauche est d’avis qu’il faut geler les prix à la pompe – à titre temporaire. Dans un deuxième temps, des mesures plus ciblées et socialement équitables pourront être prises. “Aujourd’hui, il faut agir immédiatement, car nous sommes dans une situation d’urgence grave et d’autres pays ont déjà pris ces mesures. Il faut empêcher une spirale inflationniste, dont le poids sera une fois de plus refourgué sur le dos des petites gens”, avance le député.

En ce qui concerne le pouvoir d’achat, la gauche est favorable à une augmentation du salaire minimum, alors que le gouvernement ne souhaite pas aller au-delà de l’indexation et de l’ajustement à l’évolution des salaires. Il a clairement indiqué jeudi matin que son parti était également favorable à des mesures compensatoires pour les entreprises confrontées à des difficultés en raison des hausses salariales. Mais selon lui, cela ne peut pas être le cas “à même mesure pour un grand nombre d’entreprises qui paient souvent le salaire minimum ou à peine plus, mais qui réalisent en même temps des bénéfices colossaux”.

Marc Baum a souligné que le Luxembourg est un “pays à hauts salaires” depuis les années 1960 et 1970, ce qui a été un moteur de croissance et a ainsi rendu le pays attractif, “il s’agit d’un facteur de compétitivité”. Alors qu’on constate que de moins en moins de frontaliers allemands et belges viennent travailler au Grand-Duché, car le salaire minimum, corrigé de l’inflation, y est désormais plus élevé, le député explique cela en partie par le coût élevé du logement. Selon lui, la politique du gouvernement en matière de logement a échoué, car les autorités continuent de laisser ce secteur aux mains du marché privé.

Enfin, l’invité de RTL est revenu sur le principe de rotation au sein du parti qui entre en vigueur en octobre. Les députés David Wagner et Marc Baum céderont leurs sièges à la Chambre à Ana Correia Da Veiga et Gary Diderich. Comme l’a expliqué Marc Baum, déi Lénk souhaite mieux gérer la transition que ce ne fut le cas lors de la dernière législature.

David Wagner et moi-même n’avons pas l’intention de disparaître de la scène aussi radicalement que nous l’avons peut-être fait il y a cinq ans”, a déclaré Marc Baum, également conseiller communal à Esch, qui a assuré qu’il se présenterait à nouveau aux prochaines élections législatives en octobre 2028. D’ici là, son activité principale sera le métier d’acteur, qu’il a continué à exercer en tant que député, mais “nettement moins qu’auparavant”.

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