
Si un jour, un frelon asiatique se pose près de vous, un conseil : ne l’écrasez pas. “Les frelons, dès qu’ils sentent un danger, ou lorsqu’on les écrase, ils libèrent des phéromones dans l’air. C’est un message adressé aux autres frelons qu’il y a une menace imminente, et qu’il faut intervenir. Donc tuer un frelon, c’est la meilleure façon de rameuter tout ses petits copains” prévient Eddy Boland.
Ce responsable de la société RHS Hygiène Service pratique depuis plus de 30 ans la désinsectisation au Luxembourg. Il y a quelques années, c’était surtout les nids de guêpes qui posaient problème. Désormais, c’est le frelon asiatique qui donne des sueurs froides aux résidents.
Car sa dangerosité est bien supérieure aux insectes locaux (abeilles, guêpes et frelons européens...). C’est une vraie mitraillette à piqûres, prévient Eddy Boland : “Le frelon asiatique a un venin bien plus puissant et la quantité émise est plus élevée, sachant qu’il peut piquer plusieurs fois d’affilés”. C’est pourquoi il est totalement déconseillé d’essayer de se débarrasser soi-même d’un nid de frelons asiatiques. Sauf que faire appel à des professionnels peut facilement coûter plusieurs centaines d’euros. Mais bonne nouvelle, le Luxembourg vient de décider d’apporter un soutien financier aux particuliers.
“Le plan d’urgence 2026 traduit notre volonté d’agir tôt, efficacement et de manière solidaire face à cette menace croissante” explique dans un communiqué Serge Wilmes, Ministre de l’Environnement. Car ce frelon menace les pollinisateurs (en particulier les abeilles), perturbe les écosystèmes locaux et, comme si cela ne suffisait pas, possède une forte capacité d’expansion.

La détection précoce des nids au printemps, et leur destruction, est donc essentielle, car cela va réduire considérablement le nombre de colonies susceptibles de se développer durant l’été.
L’une des mesures phares de ce plan d’urgence est le soutien financier offert aux particuliers pour neutraliser au plus vite ces nids. Le montant dépendra du stade de développement du nid:
Si les deux premiers stades de nid représentent généralement un coût d’intervention inférieur à 200 €, les nids secondaires posent bien plus de problèmes, explique Eddy Boland : “Quand vous avez un nid qui est à 20 mètres de haut et qui fait la taille de 5 ballons de football, ça peut nécessiter une nacelle, des équipements spécifiques et plusieurs interventions.” Il arrive même que la facture dépasse les 1.000 euros quand la situation est vraiment délicate, précise l’expert.
Car vu la dangerosité de l’insecte, les techniciens doivent notamment porter des combinaisons épaisses, et des visières rigides pour protéger les yeux, car “le frelon peut projeter du venin” à travers la maille de protection.

Mais cette aide financière est conditionnée à une règle stricte : tout nid traité avec un biocide devra être retiré rapidement, explique Eddy Boland. “Je trouve que c’est une bonne idée de l’Etat, car effectivement, on traite le nid avec un biocide, c’est à dire un insecticide, donc il ne faut pas que ça reste comme ça, sinon ca va polluer la nature et empoisonner d’autres insectes. Donc ça veut dire que rapidement après le traitement, il faudra revenir une deuxième fois pour retirer le nid.”
L’État exige en effet le recours à des méthodes sans biocides ou qui garantissent l’arrivée du biocide sur la cible, sans risque de dispersion environnementale. Mais Eddy Boland affirme qu’il n’existe pas beaucoup d’alternatives à ces traitements biocides : “il existe aussi des traitements thermiques, avec de la vapeur qui va les ébouillanter, ou avec des sortes de lance-flammes” mais c’est “moins répandu et pas toujours utilisable”.

Pour obtenir l’aide financière, il faudra communiquer à l’État plusieurs éléments, comme la photo du nid neutralisé, la géolocalisation du nid et des informations sur la méthode utilisée. De plus, l’opérateur qui a retiré le nid “doit avoir participé à une formation nationale de base qui couvre la biologie et l’écologie de cette espèce”. Attention donc à bien se renseigner avant de signer avec un professionnel.
À noter que ces aides financières concernent exclusivement les particuliers sur des terrains privés. Les interventions en zones publiques restent assurées par l’Administration de la Nature et des Forêts (ANF).
Retrouvez toutes les explication et un formulaire en ligne sur MyGuichet.lu.