Union européenneEtablir des règles claires, car "c'est la démocratie qui est en danger", selon Christophe Hansen

Annick Goerens
"Les jours se suivent et ne se ressemblent pas et c'est un travail très intensif", a déclaré lundi sur RTL le nouveau commissaire européen luxembourgeois, Christophe Hansen, à propos de ses six premières semaines à ce poste à Bruxelles.
© Annick Goerens / RTL

C'est très intéressant de faire partie de l'exécutif et à ce titre, "d'avoir un droit d'initiative" pour appliquer concrètement une politique, a souligné l'ex-député.

Elon Musk ferait mieux de s'occuper d'autres choses

La démocratie européenne est en crise. "Il n'appartient cependant pas seulement à l'Union européenne de garantir que les principes démocratiques soient respectés, mais aussi aux Etats membres eux-mêmes. Bien sûr, Bruxelles fera des propositions", telles que le "Democracy Shield", annoncé par Ursula von der Leyen, un bouclier européen pour protéger la démocratie..

Les réseaux sociaux ont également une grande responsabilité. "Les plateformes sont souvent utilisées à mauvais escient pour influencer les gens et diffuser des idées populistes", critique le commissaire européen. "Il est aussi difficile pour un utilisateur normal de faire la distinction entre ce qui est vrai et ce qui est faux." C'est pour cette raison que l'UE a lancé le "Digital Services Act", grâce auquel "des enquêtes sont en cours contre TikTok et X, par exemple, pour vérifier si les différents algorithmes ont été manipulés pour répandre certaines idées."

Il faut établir des règles très claires, car "c'est la démocratie qui est en danger". Beaucoup ont "intérêt à une Europe désunie": la Russie, la Chine et les Etats-Unis. Il faut être conscient que ce n'est qu'ensemble, en tant qu'Union, que nous sommes forts. Par ailleurs, "Elon Musk ferait peut-être mieux de s'occuper d'autres choses", que de s'immiscer dans la politique européenne, estime Christophe Hansen. "Etant donné qu'il a de l'argent pour tout faire, cela le rend nettement plus dangereux." Voilà pourquoi "il est important d'appliquer les règles pour tous les réseaux sociaux, parce que le propriétaire de X doit aussi les respecter, malgré tout son argent."

Les agriculteurs doivent être davantage présents sur le terrain

"L'Union doit veiller à coopérer avec les partenaires avec lesquels elle partage aussi des valeurs", estime Christophe Hansen qui est commissaire européen à l'agriculture et à l'alimentation. Dans ces domaines, des mesures sont prévues à court terme, par exemple, pour "renforcer les positions de négociations des agriculteurs, afin qu'ils obtiennent de meilleurs prix pour leurs produits." Il s'agit aussi de réduire la charge administrative des agriculteurs. La simplification administrative est importante "car un agriculteur est un entrepreneur et il n'a pas choisi ce métier pour faire de la paperasse et y consacrer de plus en plus de temps. Nous devons veiller à ce que l’agriculteur soit également davantage présent sur le terrain."

Lutter contre la concurrence déloyale

En France et en Allemagne, les agriculteurs sont descendus dans la rue pour s'opposer aux importations de l'UE, qui sont moins chères que leurs propres produits, parce que les producteurs des autres pays ne sont pas tenus de respecter des règles aussi strictes. "C'est de la concurrence déloyale et en plus c'est mauvais pour la santé et l'environnement", selon Christophe Hansen. "Nous avons donc déjà commencé à ne plus importer de produits traités avec divers pesticides, dont l'utilisation n'est plus autorisée dans l'UE."

La dépendance rend l'Union européenne vulnérable

 

La production alimentaire est déjà autosuffisante dans de nombreux domaines. "Si nous considérons la balance commerciale, l'Union européenne exporte au-delà de ses frontières pour 70 milliards d'euros de plus que ce qu'elle a besoin d'importer." Mais dans certains domaines tels que "la production de protéagineux, l'UE est dépendante des pays tiers." L’Europe doit également réfléchir à la manière de parvenir à produire davantage de ces produits, car "cette dépendance est aussi une vulnérabilité", selon Christophe Hansen, qui souligne que cela vaut aussi pour d'autres secteurs.
 
Un autre thème auquel tient le commissaire européen, est celui de "la relève générationnelle". Actuellement seuls 12% des agriculteurs ont moins de 40 ans. La moyenne d'âge est de 57 ans. Il faut absolument "rendre la profession plus attractive. C'est le grand défi pour les cinq prochaines années."

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