"Je suis choqué qu'il y ait autant de monde"Emploi au Luxembourg : des milliers de personnes au salon Moovijob

Thomas Toussaint
La Luxexpo a fait le plein ce vendredi pour le salon Moovijob. RTL Infos s'est rendu sur place.
Des milliers de personnes ont visité le Moovijob Day ce vendredi 20 mars 2026 à Luxexpo.
Des milliers de personnes ont visité le Moovijob Day ce vendredi 20 mars 2026 à Luxexpo.
© Thomas Toussaint / RTL

Le Moovijob Day porte bien son titre de “plus grand salon de l’emploi au Luxembourg”. Ce vendredi, sous un soleil éclatant, des centaines de personnes étaient présentes bien avant l’ouverture pour accéder le plus vite possible aux stands des recruteurs et leur faire bonne impression.

Intérim, santé, finances, industrie... Tout le marché de l’emploi était représenté. Côté candidats, on constate que le Luxembourg traverse une passe difficile : avec plus de 21.000 demandeurs d’emploi en février (et un chômage à 6,3%), pas étonnant de voir le salon faire le plein.

“Il y a une file de dingue” constate Raphaël, arrivé tôt à Luxexpo. Originaire du Hainaut, il s’est rapproché du Luxembourg “par amour”. Désormais installé à Arlon, le jeune homme de 27 ans cherche un poste dans le secteur de la sécurité et les parcs et jardins. C’est la première fois qu’il vient rencontrer des recruteurs luxembourgeois. Une opportunité à saisir, mais à condition de le faire en face à face : “par mail, ce n’est pas pareil, je préfère avoir un vrai échange avec eux”.

À côté de lui, Dylan, 19 ans, espère travailler dans la vente. Et quoi de mieux que le Luxembourg puisqu’il n’habite “pas loin” et qu’il vient régulièrement “s’y balader”.

Une longue file d’attente s’est formée avant l’ouverture du salon, bondé ce 20 mars !
© Thomas Toussaint / RTL

Devant l’entrée, Rodolphe et Thierry attendent aussi leur tour. Avec une expérience dans l’informatique, ils ont constaté que les premières années sont parfois les plus dures. “C’est surtout compliqué quand vous avez un profil “junior”.”

Spécialisés pour l’un dans l’informatique, pour l’autre dans l’infographie, ils savent que les places peuvent parfois valoir cher. Et qu’à la moindre difficulté, des décisions drastiques peuvent s’imposer : Thierry nous explique qu’il était résident du Luxembourg mais a été contraint de quitter le pays et de s’installer derrière la frontière car il “n’avait plus les moyens de payer le loyer”. Un rappel douloureux de la situation du Grand-Duché : vu des pays voisins, le Luxembourg semble toujours un être un petit “Eldorado”, mais la magie n’opère pas à chaque fois.

Julianne attendait elle pour rejoindre les stands qui proposent des postes dans les ressources humaines. Après avoir quitté un CDI en France qui se “passait mal”, elle a pu mettre un pied au Luxembourg le temps d’un CDD. Qui s’est conclu récemment et s’est avéré être “pire encore”. Pas de quoi refroidir la frontalière, que rien n’effraie. Ni la route, ni le manque d’opportunités dans un secteur plutôt fermé.

Intérim, santé, services... Les poids lourds de l’emploi font le plein

À l’intérieur, c’est bien simple, la hall de Luxexpo est bondée. Le salon compte plus de 140 entreprises et services d’information ou de formation. Dont certains incontournables du Luxembourg particulièrement demandés. Les entreprises d’intérim notamment, mais pas seulement. Chez les CFL, Encevo, Sodexo ou encore la BIL, les files d’attente prouvent que la popularité des grandes entreprises est toujours solide.

Le secteur de la santé, situé juste à l’entrée, a également fait le plein. Rien d’étonnant car il représente plus de 12% des postes déclarés vacants récemment à l’Adem. Plus que le secteur des activités financières, pourtant réputé pour être un des piliers économiques du pays.

Léa par exemple, travaille comme assistance sociale en Belgique mais s’est rendue au salon pour “voir les opportunités” existantes au Luxembourg. Puisque sa sœur travaille déjà dans le pays, elle a eu un aperçu de la vie professionnelle du pays.

“Je suis choqué, je n’aurais pas imaginé qu’il y aurait autant de monde. Est-ce que c’est la crise qui fait ça ? On voit que c’est une période de récession...”

Dans la file d’attente, nous rencontrons également Joseph. Accompagné par l’ASBL Défi-job, c’est justement dans le secteur de la finance, “son premier amour professionnel”, qu’il souhaite trouver un emploi. Mais face à la foule, il ne cache pas sa surprise : “Je suis choqué, je n’aurais pas imaginé qu’il y aurait autant de monde. Est-ce que c’est la crise qui fait ça ? On voit que c’est une période de récession...” souffle-t-il.

À ses côtés, Sabine, chargée de direction au sein de l’association spécialisée dans la réinsertion professionnelle d’anciens détenus de Givenich, constate bien que la situation est compliquée. “Quand on voit autant de monde, c’est un rappel qu’il faut monter en compétences” analyse-t-elle. “Certains secteurs sont plus bouchés que d’autres, et certains emplois de base sont en pleine transformation. Alors si vos compétences sont trop “communes”, ça va bloquer.”

Malgré le coup de fatigue de l’économie luxembourgeoise, le pays devrait connaître des années plus favorables : selon le Statec, le chômage va baisser au cours des trois prochaines années. Et l’emploi résident comme frontalier pourrait accélérer. De bon augure alors que la plateforme Moovijob affiche tout de même plus de 4.900 postes disponibles aujourd’hui, dont plus de 1.900 étaient à pourvoir lors de ce salon.

Preuve que la demande reste très forte du côté des employeurs, Moovijob organisera à nouveau deux salons frontaliers à Metz (le 22 mai) et Trèves (le 19 juin).

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