L'ex-directrice d‘une crèche à la barre"Elle ne sait pas comment on travaille avec des enfants"

RTL Infos
La deuxième semaine du procès de l'ex-directrice de la crèche "Léiwe Léiw" a débuté. Aucun des salariés de l'époque n'a considéré que la situation était bonne.

"Elle n'était pas quelqu'un avec qui on pouvait discuter." "C'est quelqu'un qui n'est pas fait pour ce métier." "Elle est vraiment agressive." "Elle ne sait pas comment on travaille avec des enfants..."

Voilà les reproches adressés à l'encontre de l'ex-directrice par une éducatrice qui a travaillé pendant deux mois et demi dans cette crèche. A cette évocation, l'accusée n'a cessé de secouer la tête et de dire que ce n'était pas vrai. Jusqu'à ce que le juge lui indique d'arrêter.

DE LA MALTRAITANCE PENDANT LES REPAS

Mardi, les témoignages des anciens salariés de la crèche sont venus confirmer les déclarations des témoins de la semaine dernière. À la crèche, la situation aurait été très grave pendant le repas, où tout aurait été exactement prévu et où tout aurait dû aller très vite. "Elle forçait les enfants à manger d'une manière violente, leur gardant la bouche ouverte et leur fourrant de trop grosses portions dans la bouche", selon la femme qui a travaillé dans la crèche jusqu'à sa fermeture en octobre 2017. Parfois les enfants auraient eu des haut-le-coeur ou auraient même vomi.

Elle s'est également plainte du manque d'hygiène dans la crèche. Des économies y auraient été réalisées au niveau des couches. Celles-ci n'auraient parfois été changées qu'à certains moments de la journée. Si un enfant arrivait le matin et portait encore un Pampers, dont il n'avait pas besoin pendant la journée, celui-ci lui était retiré et était conservé, pour être utilisé pour un autre enfant. Les couches auraient été rationnées et tout aurait été fait pour les économiser. Des déclarations qui ont également été confirmées par d'autres témoins ayant travaillé à la crèche.

Un témoin a également évoqué le cas d'une jeune femme qui aurait travaillé à la crèche et qui aurait été traitée comme une esclave par l'accusée. Il s'agit de la nièce de celle-ci, âgée aujourd'hui de 32 ans.

"PAS SI ELLE EST DANS LA SALLE"

Lorsqu'elle s'est présentée devant le juge pour témoigner, au départ, elle n'a pas prononcé un mot. "Je ne peux pas, si elle est dans la salle", a-t-elle dit en pleurant. Après avoir été réconfortée par le juge, elle a témoigné avoir été insultée par sa tante, tirée par les cheveux et frappée, si elle faisait une "erreur" en nettoyant. Elle en aurait eu des marques sur les bras.

Sa tante lui avait proposé de faire le ménage à la crèche pour gagner de l'argent, car elle était endettée en raison d'une facture de téléphone portable élevée. À la crèche, la jeune femme s'occupait en plus des enfants. Elle aussi a témoigné que beaucoup de choses ne se passaient pas comme elles auraient dû se passer dans une crèche.

Les parents des enfants placés à la crèche au moment de sa fermeture ne savaient cependant rien de tout cela. Quatre ont été entendus mardi comme témoins. Ils n'ont fait aucune observation particulière chez leurs enfants. Il y aurait eu une bonne relation entre l'accusée et les parents, a déclaré l'un des ex-salariés. Mais tout cela aurait été du show. L'important pour son ancien employeur n'était pas le bien-être de l'enfant, mais la satisfaction des parents.

L'accusée est poursuivie pour blessures corporelles préméditées sur 15 enfants et sur au moins trois salariés de la crèche.

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