
Il est évident que les cyclistes sont de plus en plus nombreux au Luxembourg, même dans la capitale.
Exemple: le rond-point Schumann à l'heure de la pause-déjeuner. Les cyclistes arrivent de partout, en route pour le travail ou l'école ou simplement en ballade dans la nature. Rien que pour la matinée de mercredi, le compteur installé à l'entrée du Parc de la ville avait comptabilisé 675 vélos.
Les autorités de la capitale parlent de 170 kilomètres de pistes cyclables sur leur territoire. Mais une piste cyclable n'est pas l'autre: cela va d'une vraie piste réservée aux vélos à une simple voie dédiée aux cyclistes délimitée par une ligne blanche sur la chaussée. C'est ce dernier cas de figure qui suscite les critiques.
A certains endroits, les cyclistes ne se sentent pas en sécurité. Comme dans l'avenue Monterey, où les vélos doivent slalomer entre des bus en stationnement et une voie de bus. Quelques centaines de mètres plus loin, dans l'avenue Marie-Thérèse, vélos et voitures se partagent la chaussée, séparés par une simple ligne.
L'échevin de la Ville de Luxembourg en charge de la Mobilité et de l'Environnement, Patrick Goldschmidt, explique pourquoi de telles zones de danger ne peuvent être désamorcées du jour au lendemain: "Dans l'avenue Marie-Thérèse, nous voulons surélever la piste cyclable du niveau de la rue à celui du trottoir. Mais nous y travaillons déjà depuis des mois avec les services. Une fois le projet terminé, il faudra lancer un appel d'offres. Ensuite il faudra attendre les offres. Est-il là celui qui le fera? Quand? Nous n'en aurons terminé que plus d'un an après. Je comprends que les gens à l'extérieur ne le comprennent pas."
Rome n'a pas été bâtie en un jour. Et ce n'est pas un secret: au Luxembourg, les études et les appels d'offre demandent du temps. L'échevin le promet: ''Dans les prochaines années, des infrastructures vont encore être améliorées par rapport à aujourd'hui.''
Exemple dans la vallée de l'Alzette: au cours de l'hiver, un tronçon de piste cyclable, qui manquait depuis des années, a enfin pu être construit entre la gare de Dommeldange et Beggen. Une zone dangereuse en moins dans une ville qui mise sur l'apaisement de la circulation.
"Le fait est que dans la Ville de Luxembourg, sur le territoire des quartiers, nous avons généralement la politique de faire des zones 30. Et que dans ces zones 30, il y a normalement une cohabitation des vélos et des voitures, car on y roule beaucoup moins vite", selon Patrick Goldschmidt.
La cohabitation fonctionne seulement quand il y a respect mutuel. Cela vaut aussi pour les nouveaux moyens de circulation tels que les trottinettes. L'échevin de la Mobilité explique que les trottinettes n'ont pas plus de droits que les vélos. Le trottoir ne leur appartient ni à l'un ni à l'autre, sauf pour les enfants en bas âge, qui peuvent être accompagnés d'adultes.
En outre, les trottinettes qui peuvent dépasser les 25 km/h n'ont pas le droit d'emprunter les pistes cyclables.
Patrick Goldschmidt lance un appel au respect mutuel: "Chacun doit respecter les autres. Parce qu'un jour nous sommes cyclistes et le lendemain nous circulerons peut-être en voiture. Et puis encore une fois à pied. Si chacun prend garde à l'autre, nous aurons un peu moins de situations conflictuelles dans la capitale."
Le reportage de nos collègues de RTL en luxembourgeois: