
Les 150 patients ont été pris en charge chez d'autres prestataires, tout comme une grande partie des collaborateurs de la société. Benoît Entringer, avocat de l'ancien dirigeant de heem.lu, a confirmé qu'une faillite était en préparation, ce qui représentait la meilleure solution pour le personnel qui n'a pas encore perçu son salaire du mois de février. Selon notre source, le personnel n'a pas pu être payé en raison de l'enquête en cours et des saisies.
De son côté l'OGBL affirme qu'une partie du personnel aurait encore du mal à payer ses factures en raison de l'absence de paiement du salaire de février. Ils auraient également, pour certains des 50 collaborateurs, déjà retrouvé un autre travail.
Le syndicat a également découvert que certaines personnes n'étaient pas correctement embauchées chez heem.lu avec certains contrats d'indépendants, ce qui ne leur aurait pas permis de toucher le salaire prévu dans la convention collective. Selon Pitt Bach de l'OGBL, cela ressemblerait à une tentative de contourner la convention collective.
Le parquet avait annoncé vendredi dernier qu'une personne travaillant dans le secteur des soins à domicile avait été placée en détention préventive le 22 février 2023 et qu'une "enquête d'envergure" était toujours en cours. Le début d'un vaste scandale d'escroquerie?
L'enquête a été lancée suite à plusieurs dénonciations du service anti-fraude de la Caisse nationale de Santé (CNS) avec, dans la foulée, l'arrestation du gérant de Heem.lu, jeune réseau des aides et soins à domicile fondé en 2019 et qui a pignon sur rue à Esch-Belval.
Le dirigeant fait depuis l'objet d'une enquête pour usage de faux, escroquerie à subvention, association de malfaiteurs, abus de confiance, abus de biens sociaux et blanchiment. Il lui est reproché d'avoir facturé des sommes plus grandes que ce que son personnel a effectivement presté aux domiciles des clients.
Personne ne nie qu'il y a un décalage entre ce qui a été fait et ce qui a été facturé à la CNS, réagit Me Benoît Entringer, l'avocat du gérant de Heem.lu, au micro de RTL: "La CNS a raison lorsqu'elle dit que certaines choses ont été facturées qui n'ont pas été prestées", reconnaît-il.
L’enquête d’envergure se poursuit.