Nécessité d'adaptationDes inondations du siècle tous les 30 ans

RTL Infos
Des inondations du siècle telles qu'en juillet dernier auront plutôt lieu tous les 30 ans à cause du changement climatique. C'est en tout cas ce qu'estime le directeur de l'Administration de la gestion de l'eau, Jean-Paul Lickes, qui était sur RTL mercredi.

Comme selon tous les scénarios, les phénomènes météorologiques extrêmes vont devenir plus extrêmes et plus fréquents et que dans le même temps, la population augmente, il faudra s'adapter.

C'est pour cette raison que le ministère de l'Environnement a prévu un Plan d'action climat, selon Jean-Paul Lickes. Ce dernier a aussi annoncé la présentation dans les prochaines semaines de deux autres plans, après une consultation publique: le plan de gestion et le plan de gestion des risques d'inondations.

Les cartes d'inondations vont aussi être revues et tout cela a un impact, entre autres, sur ce qui peut être construit: "Là aussi, en tant qu'Administration, à ce moment-là, nous donnons une autorisation, et cette autorisation est ensuite tricotée de manière que d'une part elle protège les personnes, mais elle devrait également protéger les propriétés. "

L'Administration de la gestion de l'eau a publié dès 2018 un guide pour savoir comment construire en tenant compte des inondations. Pour les nouveaux PAP, l'Administration veillerait à ce que l'imperméabilisation des sols soit aussi réduite que possible. Jean-Paul Lickes a expliqué qu'on tentait de conserver l'eau de pluie sur le terrain, par exemple avec des dalles à gazon ou des toits végétalisés. Et si on ne parvient pas à ce que tout s'infiltre, il faut prévoir un bassin de rétention, pour que l'eau ne file pas dans le ruisseau, selon Jean-Paul Lickes. Parce qu'alors, une tierce personne, qui n'avait jamais eu un problème d'inondations auparavant, risque d'avoir soudain ce problème.

Construire de manière adaptée a un coût et dans le secteur du bâtiment, on est souvent ennuyé parce que des plans doivent être redessinés. Le directeur de l'Administration de la gestion de l'eau l'admet: "Oui nous sommes là, comme on le dit si bien, entre  'le marteau et l'enclume'". Il a souligné que personne n'était content quand soudain, après 10 ans, tout était détruit et il a rappelé que les inondations de juillet était la catastrophe la plus coûteuse que les sociétés d'assurances aient eu à rembourser.

Là où les terrains sont déjà construits et où il n'a pas été tenu compte des risques, une renaturation des cours d'eau pourrait aider. Jean-Paul Lickes a toutefois mis en avant que les renaturations sont difficiles parce que l'on a besoin du terrain pour les faire. Et le droit de propriété serait très puissant au Luxembourg, selon lui. L'Administration aurait dans ses tiroirs quelques projets qui ne pourraient pas être menés à bien à cause d'un ou de plusieurs propriétaires.

Pour s'adapter aux inondations, l'information de la population est importante. Jean-Paul Lickes a expliqué que c'était aussi l'une des missions de son Administration. De nombreux documents et informations sont disponibles sur son site internet www.waasser.lu et le personnel est à la disposition du public pour répondre aux questions. Mais "le premier pas peut ... ou devrait peut-être venir des gens, pour s'informer", considère Jean-Paul Lickes.

Jean-Paul Lickes a également insisté sur les adaptations apportées au site internet www.inondations.lu et annoncé une application pour 2022. De son côté, le ministère de l'Intérieur est en train d'élaborer un nouveau système d'alerte directe, qui devrait aussi être prêt à la fin de l'année.

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