
Un mois plus tard, les traces de l'inondation sont toujours visibles à Echternach. Les uns sont encore en train de déblayer, un autre fait tourner un ventilateur, certains ont déjà passé une nouvelle couche de plâtre. Si vous parcourez la zone piétonnière "Halergaass", vous réalisez qu'il faudra longtemps avant que la vie retrouve son cours normal. La Sûre a provoqué des dommages conséquents.
Plus d'une douzaine de commerces sont toujours fermés, c'est notamment le cas d'un restaurant asiatique: "C'est terrible, tout est détruit. L'eau a atteint 1,60 mètre ici. Il n'y a plus rien dans le restaurant, les appareils et la cuisine sont aussi détruits", nous dit le patron, qui regrette évidemment de ne pas pouvoir travailler maintenant, en cette saison, et probablement pas avant octobre. "Cela durera encore deux mois, aussi pour acheter de nouveaux appareils en cuisine. Les restaurants commandent tous maintenant. Avec le Covid aussi, cela prend plus de temps."
Le 15 juillet, 230 personnes ont été évacuées à Echternach. Certaines n'ont pas encore pu rejoindre leur domicile, explique le bourgmestre, Yves Wengler. La commune elle-même a été victime de l'inondation:
"Rien que pour la commune, le préjudice est estimé à cinq, six millions d'euros. Nos infrastructures sportives sont détruites. Nous devons voir à présent comment organiser malgré tout une rentrée scolaire."
En ce qui concerne la station d'épuration inondée, les nouvelles sont bonnes. Elle n'est pas complètement détruite et les fonctions élémentaires peuvent à nouveau être assurées.
L'inondation a frappé Echternach en haute saison: "J'ai entendu au camping que des touristes ont annulé parce qu'ils ne voulaient pas déranger. C'est bien intentionné, mais ceux du camping seraient contents si les gens venaient."
Il est illusoire de penser qu'une telle inondation puisse être évitée. "Mais nous pouvons prendre des mesures. Nos murs et nos pompes doivent être inspectés, il y avait là des points faibles."
A Echternach, on se réjouit toutefois de l'énorme élan de solidarité. La commune a pu récolter 220.000 euros de dons grâce à la hotline d'appel aux dons. C'est déjà ça, même si les dégâts sont bien entendu nettement plus importants.

Un peu plus bas sur la Sûre, la situation n'est guère mieux. La commune de Rosport-Mompach a également été très touchée par l'inondation. Dans la localité de Born, les eaux de la Sûre ont envahi les rues. Des douzaines de maisons ont été endommagées, mais aussi des commerces.
Il y a trois ans, Thomas Hansen a ouvert à Born un atelier de réparation d'horlogerie et un local d'exposition. Il a pu sauver la plupart des pièces confiées par des clients, mais le préjudice est malgré tout immense. Ses outils de travail et tous les meubles anciens sont détruits. Un mois après l'inondation, il ne reste rien de son horlogerie:
"Le sol s'est soulevé, la chape et les carrelages sont détruits. L'atelier devra rester fermé pendant trois à quatre mois."
Qu'en est-il de l'assurance inondation? Il n'en avait aucune, explique Thomas Hansen: "Sur le site de l'atelier, nous n'avons pas pensé à une telle assurance. Je n'en avais aucune non plus."
Le bâtiment est utilisé de manière communautaire et il y a une assurance pour les dommages au bâtiment. Quant aux dommages causés à ses propres biens, ils resteront à la charge de Thomas Hansen. Malgré tout, ce dernier ne baisse pas les bras, assure l'horloger, qui se réjouit de la serviabilité de tous, même de l'Etat.
A quelques centaines de mètres se trouve le camping de Born. Ici, nous avons un sinistre total, nous dit l'exploitant. Effectivement nous ne voyons plus grand-chose du camping, la dizaine de structures fixes qui s'y trouvaient, ont déjà été démolies. Le camping est géré par le Syndicat d'initiative.
"Notre camping n'a vraiment pas eu de chance. Il a dû être fermé jusqu'à nouvel ordre. Maintenant nous devons voir, en tant que commune, pour élaborer un nouveau projet, qui sera conforme [à la réglementation relative] aux inondations. Toute la situation doit être prise au sérieux," nous déclare la première échevine de la commune, Stéphanie Weydert. Quel avenir pour le camping de Born? Cela reste un grand point d'interrogation.

La mairie n'a pas encore chiffré le préjudice exact. D'autres installations sont aussi concernées: "Le Centre polyvalent à Born. Là, ils sont en train d'arracher le revêtement sportif et d'enlever les installations. Le Centre et la maison relais sur le site ne pourront pas être remis en service le 15 septembre."
Stéphanie Weydert est très satisfaite de l'élan de solidarité. 27 autres communes ont donné un coup de main avec leur personnel. De nombreux particuliers ont également aidé.
De l'argent est collecté pour aider les habitants via l'ASBL "Rouspert-Mompech hëlleft".
Des leçons seront certainement tirées des inondations du 15 juillet 2021. Il faudra notamment veiller scrupuleusement à ce que les projets actuels soient conformes aux dispositions en matière d'inondation.
