
Le cannabis reste la drogue la plus consommée au Grand-Duché. Près de 15 % des adultes ont consommé du cannabis au cours des douze derniers mois. Mais la cocaïne et la MDMA sont également des substances de plus en plus répandues au Luxembourg. C’est ce qui ressort du rapport national drogues 2026 publié cette semaine.
La consommation de cannabis et de cocaïne a augmenté ces dernières années au Luxembourg, tandis que celle des opioïdes a diminué, explique Nadine Berndt. Cela se reflète aussi dans les analyses des eaux usées :
“Nous constatons que le cannabis et la cocaïne ont été détectés dans quasiment toutes les analyses d’eaux usées, ce qui indique que ces substances sont présentes sur le marché luxembourgeois. D’autres substances, comme par exemple la kétamine, ont été détectées dans 90 % des échantillons.”
Pour le cannabis, il apparaît que la teneur en THC est de plus en plus élevée. Depuis la réforme de 2023, il n’y a cependant pas eu de hausse massive du nombre de consommateurs.
"Seuls cinq pour cent ont déclaré consommer davantage depuis la modification de la loi. Cela reste donc une minorité. Cela signifie que la majorité des personnes ont indiqué ne pas avoir l’intention d’augmenter leur consommation."
Le rapport montre qu'on peut encore parler d’un comportement de consommation plutôt traditionnel au Luxembourg, explique Tom Kugener.
"Par rapport à d’autres pays, nous constatons que nous restons davantage dans une consommation, disons, classique : nous observons toujours surtout l’héroïne, la cocaïne, le crack, tandis que d’autres stimulants et sédatifs, qui sont plus répandus dans d’autres pays, restent encore plutôt rares au Luxembourg."
Les nouveaux opioïdes synthétiques surtout constituent un danger, explique Nadine Berndt.
"Il existe des pays où l’on trouve des opioïdes synthétiques qui ont remplacé l’héroïne. Heureusement, nous n’observons pas encore cela au Luxembourg. Jusqu’à présent, nous n’avons eu qu’une seule saisie de Fentanyl au Grand-Duché."
Un autre phénomène que l’on observe de plus en plus est la consommation mixte : la combinaison d’alcool et d’une drogue est particulièrement fréquente, indiquent Nadine Berndt et Tom Kugener de l’antenne luxembourgeoise de l’Agence européenne des drogues. C’est pourquoi, à l’avenir, la consommation d’alcool sera également analysée plus spécifiquement dans le rapport national sur les drogues.
Le nombre de décès liés à la drogue est passé de 26 en 2000 à 12 en 2024. Cela s’explique surtout par l’introduction de salles de consommation supervisées. Par ailleurs, avec les programmes d’échange de seringues et de substitution, le Luxembourg tente aussi de limiter les risques d’overdose et de réduire la consommation illégale.