
Les députés ont pris connaissance des résultats de l'étude PISA et ont pu interroger le ministre à ce sujet.
"Il faut honnêtement reconnaître que tout n'a pas été fait correctement !" a affirmé la députée LSAP Francine Closener. Selon elle, on ne peut certes pas dire que rien n'a été entrepris dans la politique scolaire nationale, mais : "Ce qui nous manque, je pense, c'est la preuve que ces réformes ont effectivement apporté les résultats attendus. À peine une réforme était-elle introduite qu'une autre suivait déjà. Aujourd'hui, nous ne savons plus vraiment ce qui a apporté quelque-chose et ce qui n'a rien apporté, car quelque chose a forcément mal tourné. Sinon, avec toutes ces réformes, les résultats ne seraient pas ceux que nous constatons aujourd'hui."
Pour Fred Keup, député ADR, il convient également de s'interroger sur ce que les réformes ont concrètement apporté. À ses yeux, un certain nombre de décisions prises n'étaient pas les bonnes.
La députée DP Corinne Cahen a quant à elle voulu savoir ce qu'un pays comme l'Estonie, qui a obtenu d'excellents résultats dans l'étude, fait différemment. Le directeur du SCRIPT, Luc Weis, a répondu que "dans les années 2000, ils ont pris les bonnes décisions. Ils ont mis l'accent sur les processus d'apprentissage et les ont placés au cœur du système, davantage que sur les résultats scolaires, contrairement à d'autres systèmes qui accordent une très grande importance aux examens. Ils ont également favorisé des approches transversales, confié aux élèves davantage de responsabilités dans leur apprentissage tout en maintenant des exigences élevées, et ils ont évidemment beaucoup investi dans la formation".
Le mauvais résultat obtenu en compréhension de l'écrit a été l'un des principaux sujets de discussion. Le ministre Claude Meisch a souligné qu'il s'agissait également de sa plus grande préoccupation et d'un défi majeur.
La députée des Verts Djuna Bernard a estimé que de nombreuses initiatives avaient été mises en œuvre dans le domaine de l'éducation, mais que des progrès restaient à accomplir en matière d'égalité des chances. "L'influence du milieu socio-économique est ici particulièrement frappante, avec un écart de 130 points mis en évidence par l'étude. Je pense que nous devrons vraiment nous concentrer particulièrement sur cet aspect dans les années à venir. Que l'on établisse maintenant un lien avec les crèches et les structures d'accueil pour enfants, c'est un point. Mais je me demande également dans quelle mesure il ne faudrait pas procéder à une nouvelle évaluation de l'impact du précoce ou de son impact souhaité, afin de déterminer s'il a eu, et s'il a encore aujourd'hui, l'effet que nous espérions dans ce domaine."
Tant la députée LSAP Francine Closener que David Wagner, élu déi Lénk, ont aussi abordé la question du contingent, c'est-à-dire les ressources en personnel allouées aux écoles. À ce sujet, le ministre de l'Éducation Claude Meisch a déclaré : "Mais il faut aussi être réaliste. Nous vous avons déjà montré à plusieurs reprises combien de moyens supplémentaires nous avons attribués aux écoles. Nous nous sommes engagés à plusieurs reprises, et nous le ferons encore, à accorder ponctuellement des ressources supplémentaires afin que les petites écoles puissent elles aussi faire face à l'organisation du projet Alpha. Cela représentera à nouveau un effort considérable. Nous le ferons aussi. Nous sommes également confrontés à toute une série d'autres défis dans notre système scolaire, sur lesquels nous sommes tous d'accord pour dire qu'il faut faire davantage. Au cours de l'année 2026, nous avons créé 270 postes en vue de cette rentrée scolaire afin de renforcer notre approche de l'inclusion."
Les députés ont par ailleurs tous souligné qu'ils se réjouissaient de voir le Luxembourg participer à la prochaine étude PISA en 2029.