Guerre au Moyen-OrientLes Houthis frappent l'Arabie saoudite, l'Iran dément toute implication

AFP
L'Arabie saoudite a promis mardi de riposter avec "fermeté" après de nouvelles attaques des Houthis pro-iraniens du Yémen contre son territoire, l'Iran démentant de son côté toute implication dans ce conflit, nouveau front de la guerre au Moyen-Orient.
Un navire à l'ancre dans le détroit de Bab al-Mandeb, le 12 septembre 2026
Un navire à l'ancre dans le détroit de Bab al-Mandeb, le 12 septembre 2026
© AFP

Le mouvement houthi a infligé ces derniers jours d'importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, renforçant au terme d'une offensive éclair son emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique pour les navires reliant l'Europe à l'Asie.

Il a aussi visé les infrastructures pétrolières de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, faisant grimper les prix du pétrole au-dessus du seuil symbolique de 100 dollars.

Lundi, une frappe houthie dans l'ouest du Yémen a tué huit soldats des forces gouvernementales, selon deux sources militaires.

Les Houthis ont eux revendiqué une nouvelle attaque "de grande envergure" au moyen de "dizaines de missiles balistiques et de drones" contre la base aérienne de King Khalid, à Khamis Mushait dans le sud de l'Arabie saoudite.

Un riverain a dit à l'AFP avoir vu de "nombreux missiles" tomber sur la base militaire et avoir entendu de fortes explosions. 

"C'est la première fois qu'il y en avait autant", a-t-il raconté, affirmant que l'attaque avait provoqué un incendie "qui a duré très longtemps".

La coalition militaire menée par Ryad a confirmé mardi des attaques aux missiles et aux drones la veille à Khamis Mushait, Abha et Taïf, et fait état de 13 civils blessés.

Ryad a riposté par une cinquantaine de frappes, comme la veille, selon les Houthis. La coalition a fait savoir qu'elle "fera face à ces attaques avec responsabilité et fermeté".

Une image diffusée par les Houthis du Yémen montre des fumées s'élevant d'une zone de combats, le 12 septembre 2026
Une image diffusée par les Houthis du Yémen montre des fumées s'élevant d'une zone de combats, le 12 septembre 2026
© ANSARULLAH MEDIA CENTRE/AFP

"Ils savent que la riposte yéménite se poursuivra et s'intensifiera tant qu'ils persisteront dans leur agression contre notre peuple", a répondu sur X Hazem al-Assad, membre du bureau politique des Houthis.

Aux premières heures de mardi, la défense civile saoudienne a lancé des alertes aériennes dans six régions, avant de les lever.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume, a reçu lundi à Djeddah le chef du Commandement central américain pour le Moyen-Orient (Centcom) Brad Cooper, pour évoquer "les derniers développements dans la région", selon l'agence de presse officielle saoudienne SPA.

Il se rendra mardi en Egypte pour discuter de ces mêmes développements régionaux avec son homologue Abdel Fattah al-Sissi, a annoncé la présidence égyptienne. 

"Position de force"

Dans ce contexte tendu, l'Arabie saoudite a demandé le report d'une rencontre avec l'Iran, censée réunir lundi à Oman les pays du Golfe, selon la diplomatie iranienne.

Patrouille des Houthis dans une rue de Sanaa, au Yémen, le 12 septembre 2026
Patrouille des Houthis dans une rue de Sanaa, au Yémen, le 12 septembre 2026
© AFP

"Invoquer la question yéménite comme raison (du report) est un faux prétexte", a estimé le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, lors d'une conférence de presse à Téhéran.

"L'Iran n'intervient pas dans les affaires yéménites", a-t-il assuré, affirmant que les Houthis étaient "des acteurs totalement indépendants (qui) prennent leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts".

Cette réunion devait porter sur l'avenir du détroit d'Ormuz, autre point de passage clé pour le commerce mondial d'hydrocarbures, que l'Iran verrouille depuis des mois.

"Malgré les fortes pressions exercées par les Etats-Unis, l'Iran conserve un contrôle relatif sur Ormuz", souligne l'analyste politique Maziar Khosravi. Parallèlement, les derniers développements au Yémen "ont instauré un nouvel équilibre des pouvoirs dans la région et même à l'échelle internationale".

"Il me semble donc que l'Iran (se rendait) à cette réunion en position de force", dit-il à l'AFP, face à une Arabie saoudite affaiblie.

"Intenable"

Le royaume est sous pression, entre les attaques des Houthis et ses pétroliers désormais menacés dans les deux détroits.

Un soldat des forces gouvernementales yéménites, soutenues par l'Arabie saoudite, le 13 septembre 2026 sur le front dans l'ouest du Yémen
Un soldat des forces gouvernementales yéménites, soutenues par l'Arabie saoudite, le 13 septembre 2026 sur le front dans l'ouest du Yémen
© AFP

Son oléoduc Est-Ouest, voie d'exportation de brut cruciale pour contourner le blocage d'Ormuz, est aussi à l'arrêt après des attaques de drones venues d'Irak selon Ryad.

Après des années d'accalmie, le Yémen a été entraîné en juillet dans le conflit régional déclenché par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran fin février.

Les combats de ces dernières semaines dans l'ouest du Yémen ont fait des centaines de morts et ont déplacé près de 86.000 personnes selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont au point mort, le président américain a de son côté affirmé lundi - de nouveau - être prêt à discuter.

"L'Iran veut conclure un accord rapidement et désespérément. Je choisirai si les Etats-Unis décident ou pas d'y répondre - nous sommes ouverts à l'idée", a écrit Donald Trump sur son réseau social Truth.

"Il n'y aura aucune négociation tant que les conditions de l'Iran ne seront pas remplies. C'est tout", lui a répondu sur X le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaï.

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