Égalité entre les genresLe "temps partiel familial" risque-t-il de creuser les inégalités ?

Monica Camposeo
adapté pour RTL Infos
Pour la première fois, un rapport de l’Observatoire de l’égalité entre les genres a été discuté lundi au sein de la commission parlementaire de la Famille, à la demande du LSAP.
Au Luxembourg, l'écart entre les pensions des femmes et des hommes reste supérieur à la moyenne de l'Union européenne.
© HANS KLAUS TECHT/APA-Images via AFP

Il s'agit déjà du quatrième rapport, qui se penche, à travers des enquêtes et des statistiques, sur l'égalité entre les genres au Luxembourg.

La présentation de ce rapport aux députés membres de la commissions de la Famille, a été l'occasion d'évoquer plusieurs chiffres marquants.

Parmi les victimes de violences domestiques l'an dernier, 58 % étaient des femmes et 42 % des hommes. De manière générale, les interventions de la police pour des cas de violence domestique ont augmenté de 10 %. Concernant les homicides et les féminicides, cinq cas ont été enregistrés l'an dernier : trois hommes et deux femmes ont été tués.

Un autre domaine analysé par l'Observatoire est celui du travail du care, c'est-à-dire les tâches de soins et d'assistance aux proches. Tant chez les femmes que chez les hommes, environ deux tiers estiment que le bien-être de la famille s'améliore lorsque les mères et les pères se partagent le congé parental. On constate également une évolution positive en ce qui concerne la répartition des tâches ménagères et de la garde des enfants, en plus du travail rémunéré.

Au sein de la commission, tant la ministre que les députés ont salué le fait que des chiffres concrets soient collectés. Selon la ministre de l'Égalité des genres et de la Diversité, Yuriko Backes, ces chiffres sont essentiels pour pouvoir mener une politique fondée sur des données probantes. La ministre a toutefois souligné qu'il fallait du temps pour améliorer encore certains domaines. Ainsi, le gender pension gap, c'est-à-dire, en simplifiant, l'écart entre les montants des pensions des femmes et celles des hommes, demeure au Luxembourg plus élevé que la moyenne de l'Union européenne. Toute personne qui ne travaille pas à temps plein aujourd'hui percevra évidemment une pension moins élevée plus tard. Il faut donc agir dès maintenant pour réduire cet écart, a estimé Yuriko Backes, même si les effets des mesures prises ne seront pas visibles immédiatement.

Souvent, ce sont les femmes qui décident de ne pas travailler à temps plein pour garder les enfants. C'est pourquoi la députée LSAP et vice-présidente de la commission de la Famille, Claire Delcourt, voit d'un mauvais œil le projet de "temps partiel familial".

Cette proposition récente du ministre du Travail Marc Spautz prévoit la possibilité, pour les parents d'enfants âgés de moins de 13 ans, de réduire leur temps de travail hebdomadaire de quatre heures, à condition qu'ils le souhaitent et que leur employeur donne son accord. Cependant, ces quatre heures ne seraient pas rémunérées. Selon Claire Delcourt, cela risquerait donc de pénaliser une nouvelle fois principalement les femmes, et aussi à long terme, puisqu'elles percevraient ensuite une pension plus faible.

Dans le même esprit, le député ADR Dan Hardy a déclaré après la réunion de la commission qu'il serait préférable que ces quatre heures soient rémunérées. Selon lui, cela permettrait à l'État de montrer qu'il prend réellement à cœur l'amélioration de la vie familiale.

Interrogée par les élus et ensuite par RTL, la ministre de l'Égalité des genres et de la Diversité, Yuriko Backes, n'a pas souhaité se prononcer sur la proposition du ministre du Travail, en indiquant vouloir d'abord en discuter personnellement avec Marc Spautz.

Back to Top
CIM LOGO