
Il est difficile de dire si les conséquences de la pandémie ont été surmontées sur notre marché du travail. Certes le taux de chômage n'avait plus été aussi bas depuis 2009, mais la pandémie ne serait pas terminée et il ne serait pas possible de prévoir les effets d'une recrudescence des infections, a dit Isabelle Schlesser jeudi matin sur RTL. Les métiers évolueraient de plus en plus vite, et par conséquent, la formation continue serait extrêmement importante, selon la directrice de l'ADEM. Les professions les plus recherchées au Luxembourg restent celles d'informaticien et de comptable. Il y a aussi une forte demande de personnel pour le secteur horeca.
Environ 7.000 personnes sont inscrites à l'ADEM depuis plus d'un an, elles sont considérées comme des chômeurs de longue durée. Ce chiffre serait aussi en recul, mais leur nombre baisse moins rapidement. "Parmi elles, 5.000 n'ont eu aucune activité durant les 12 derniers mois," selon Isabelle Schlesser. 60% des personnes concernées auraient plus de 45 ans, elles seraient moins qualifiées que la moyenne et un tiers d'entre elles souffriraient de problèmes médicaux.
Les réfugiés ukrainiens ont le statut de protection temporaire qui leur confère le droit de travailler au Luxembourg. Plus de 300 d'entre eux se sont déjà inscrits auprès de l'ADEM, selon Isabelle Schlesser. Les demandes seraient de plus en plus nombreuses. "70% des demandeurs d'emploi ukrainiens seraient des femmes," d'après la directrice de l'ADEM et la majorité d'entre eux seraient très qualifiés. "80% ont un diplôme universitaire". Pour les réfugiés ukrainiens, le grand défi serait évidemment les langues. Avec l'anglais, ils pourraient travailler dans un certain nombre de secteurs, dans d'autres, ce serait plus dur.
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La directrice de l'ADEM est également revenue sur l'offre d'emploi controversée adressée à une diplômée de danse. Elle a expliqué comment il a pu arriver qu'une diplômée en pédagogie de la danse soit invitée à postuler pour un emploi de "danseuse, stripteaseuse, hôtesse de compagnie". Toute offre d'emploi doit être signalée à l'ADEM et ensuite des candidats à ce poste sont recherchés. En cas de poste aussi sensible, aucune convocation ne serait envoyée par courrier, mais les candidats seraient contactés personnellement par téléphone. En outre, dans ce cas de figure, il n'y aurait pas d'obligation d'accepter le poste. Les choses ne se seraient pas passées ainsi cette fois. Ce serait "une erreur" qui n'aurait pas dû se produire et "l'ADEM se serait immédiatement excusée" auprès des deux personnes concernées, selon Isabelle Schlesser.
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