Guy HoffmannDe plus en plus de particuliers risquent de ne pas obtenir de prêt immobilier

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Nous nous sommes tous réjouis que les taux d'intérêt remontent enfin, mais on aurait préféré le faire dans un cadre global différent, a dit mercredi sur RTL le président de l'ABBL, l'Association des banques et banquiers, Guy Hoffmann.

Que les taux d'intérêt augmentent relativement vite, n'arrangerait certainement pas les banques. Et quand tout cela s'accompagne d'une forte inflation, qui risque d'étouffer légèrement l'économie, ce ne serait pas ce dont nous aurions besoin.

La hausse des taux d'intérêt n'arrive pas trop tard

Il serait difficile de dire si la Banque centrale européenne a hésité trop longtemps pour signifier la fin de la politique du taux d'intérêt zéro. Elle n'aurait pas voulu étouffer la reprise douce après la pandémie et il ne faudrait pas oublier que la BCE est responsable de la politique des taux d'intérêt de 19 Etats différents. En ce sens, la hausse annoncée des taux d'intérêt ne serait pas trop tardive puisque les banques ont déjà réagi plus tôt.

A présent, Il faut payer un taux fixe de 3% pour un prêt immobilier, alors qu'au début de l'année, c'était la moitié. La hausse serait due à l'évolution des marchés internationaux. Ils auraient déjà augmenté fin 2021, a expliqué Guy Hoffmann. Les taux variables resteraient nettement inférieurs.

À moyen terme, les taux pas "excessivement" plus élevés que maintenant

À quoi doivent se préparer les clients à moyen terme? A priori, Guy Hoffmann ne considère pas que les taux seront "excessivement" plus élevés qu'actuellement. 3,5 à 4%, ce ne serait pas exclu, mais pas beaucoup au-delà. Pour la simple raison que la Banque centrale européenne doit également être attentive au poids de la dette de certains États membres et donc veiller à ne pas trop freiner l'activité. Beaucoup dépendrait cependant de combien de temps encore dureront la guerre en Ukraine et les problèmes dans les chaînes d'approvisionnement.

Accès difficile aux prêts immobiliers

L'évolution des taux d'intérêt fait que les particuliers ont de plus en plus de difficultés à financer un logement. L'accès à la propriété devient plus difficile, a admis mercredi le président de l'ABBL. Historiquement parlant, les taux d'intérêt seraient toujours plutôt bas, mais comme le marché du logement était déjà "tellement démesuré" auparavant, ce serait de plus en plus difficile pour ceux qui ont de plus faibles revenus. En plus des taux d'intérêt plus élevés, les coûts des matériaux de construction et de l'énergie ont aussi augmenté.

Les conditions générales pour l'obtention d'un prêt, qui peut aussi être remboursé tous les mois, auraient changé, reconnaît le président de l'ABBL. Les banques devraient de facto être plus strictes, afin de garantir à long terme que les clients pourront encore rembourser leur dette à l'avenir. Il serait à craindre que moins de gens se verront accorder un prêt. C'est pourquoi les responsables politiques devraient faire en sorte de maîtriser le problème de base du logement, les prix élevés.

Guy Hoffmann est moins préoccupé pour les particuliers qui ont déjà un prêt. D'éventuelles hausses de taux d'intérêt, qui vont maintenant venir de la BCE, auraient déjà été prises en compte. Des hausses encore plus importantes des taux d'intérêt ne mettraient pas les clients dans l'embarras.

Une hausse du taux directeur ne signifie pas directement une hausse du taux sur le livret d'épargne

Le président de l'ABBL espère que la Banque centrale européenne lèvera rapidement le taux d'intérêt de pénalité de 0,5 % pour les banques. Il n'y aurait alors aucune raison que les banques continuent à le facturer aux clients. D'un autre côté, il ne faudrait pas faire l'erreur d'en déduire que la hausse du taux directeur conduit automatiquement à un taux d'intérêt plus élevé sur le compte épargne. Selon Guy Hoffmann, en étant optimiste, on pourrait espérer une hausse du taux dans un délai raisonnable de quatre à six mois.

A propos des frais bancaires, qui ont augmenté en moyenne de 14,5% en un an, le président de l'ABBL considère qu'au Luxembourg, nous viendrions d'une époque pendant laquelle les banques luxembourgeoises faisaient les opérations au guichet quasi gratuitement. Ce ne serait plus le cas aujourd'hui. De nombreuses banques auraient toutefois des offres pour réaliser les affaires courantes à des tarifs raisonnables.

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