
Ces derniers mois, l'ONA n'a cessé d'être critiqué pour sa gestion de ses structures et son fonctionnement avec les réfugiés.
Les personnes qui arrivent au Luxembourg, sont d'abord accueillies au Centre de Primo Accueil au Kirchberg. Même après un an de guerre en Ukraine, les réfugiés y dorment toujours dans des tentes. En décembre, ils ont soudainement dû être relogés, parce que le système de chauffage avait atteint ses limites.
Les critiques visent aussi l'encadrement des mineurs non accompagnés. Ces critiques viennent notamment de l'Ombudsman pour les droits des enfants et des jeunes, Charel Schmit. Ces structures manqueraient d'encadrement et d'intimité pour les enfants.
Charel Schmit déplore aussi le fait que les personnes dans ces établissements soient maintenues dans une inactivité. Ils n'ont par ailleurs souvent pas le droit de cuisiner eux-mêmes.
Son de cloche similaire du côté de l'association LUkraine. Elle regrette que les infrastructures dans les foyers ne soient pas adéquates pour accueillir des familles. Selon elle, les enfants ont à peine la place de jouer ou d'étudier.
Les réfugiés s'y sentent comme en prison, notamment parce que des règles souvent très strictes et incompréhensibles sont appliquées dans les foyers, nous explique-t-on.
À titre d'exemple, chaque entrée et sortie est consignée par les gardiens. Suite à notre demande, l'ONA a expliqué que cette mesure était nécessaire pour savoir à tout moment combien de personnes sont présentes sur le site, par exemple dans le cas où un incendie se déclarerait.
Dans le plus grand foyer, le bâtiment T au Kirchberg, les personnes qui y vivent n'ont pas le droit de recevoir d'invités dans leur chambre et sont obligées de réserver des chambres supplémentaires pour ce faire.
Même si le site dispose d'une cuisine, les personnes n'ont pas le droit de cuisiner et n'ont pas le droit de ramener leur nourriture dans les chambres.
Les lits dans les chambres sont numérotés et sont attribués aux résidents par l'ONA. Changer de lit voir de chambre, par exemple pour loger avec des personnes qu'on connaît, n'est pas possible.
Se rajoute à tout cela le fait que les infrastructures tiennent souvent mal ou sont même cassées. L'ONA n'a pas fourni d'explications à ce sujet malgré notre demande.
Le budget de l'ONA tourne autour de 180 millions d'euros à l'année. Rien que pour le gardiennage, ce sont 50 millions d'euros qui sont investis. L'entretien, l'exploitation et la location de tous les bâtiments coûtent un peu plus de 37 millions d'euros par an.