
Cela fera bientôt trois mois que les premiers réfugiés ukrainiens sont arrivés au Luxembourg. A l'époque, beaucoup de familles s'étaient déclarées prêtes à accueillir des personnes fuyant la guerre. Comment la situation a-t-elle évolué? En mars, des équipes de RTL avaient rencontré la famille Mozgovaya, qui venait d'arriver au Luxembourg et était hébergée par des résidents: un reportage à revoir ici en français.
Avant le 24 février, Hannah Mozgovaya n'aurait jamais pu imaginer qu'elle travaillerait un jour dans une maison relais du quartier du Limpertsberg à Luxembourg. A partir de cette date, sa vie a changé. L'invasion russe a obligé Hannah à quitter l'Ukraine avec sa famille. Ils sont arrivés au Luxembourg début mars. En Ukraine, elle était journaliste, mais elle travaillait aussi avec des enfants, raconte la femme de 35 ans. Elle a elle-même des enfants, qui sont scolarisés au Luxembourg et heureux de l'être.
"J'ai été surprise, parce qu'en Ukraine, ils disaient toujours "Oh maman, je ne me sens pas bien, peut-être que je ne devrais pas y aller". Mais ici, alors qu'il y avait maintenant une semaine de vacances, c'était tout le temps "Quand recommence l'école, l'école me manque, je veux y aller, j'aime mes enseignants, j'aime mon école."
Le travail à la maison relais fait du bien à Hannah. "Le boulot m'aide à ne pas regarder en permanence les nouvelles ou être tout le temps sur mon téléphone, pour contacter la famille là-bas. Je travaille avec les enfants et ils me font penser à autre chose." Petit retour en arrière: en mars, Hannah Mozogvaya regardait en permanence les infos et suivait la guerre en direct. Elle était très préoccupée pour sa famille et ses connaissances en Ukraine. A l'époque, elle venait d'arriver au Grand-Duché avec son mari et ses enfants. Ils résidaient chez une famille qui les avait accueillis chez elle.
Trois mois plus tard, la guerre est toujours présente et la nuit, penser à la famille restée là-bas empêche de dormir. Malgré tout, la famille peut à présent se concentrer sur sa vie au Luxembourg. Qu'ils veuillent rentrer reste incertain, raconte Hannah. "Si la question était si nous voulons habiter dans un Luxembourg sûr ou dans une Ukraine sûre, ce serait différent. Mais ainsi? Il y a des gens armés qui sont entrés dans ma maison. C'est trop tôt pour le dire." La famille vient de la régions de Kiev.
Tout comme Hannah, sa belle-soeur, Maria, a entretemps trouvé un travail dans le secteur éducatif. Pour son mari, cela reste plus difficile en ce moment, explique Hannah. Il parle moins bien anglais. A présent, la famille Mozgovaya habite seule.
Le nouveau domicile de la famille n'est toutefois qu'une solution temporaire. La famille qui les avait accueillis à leur arrivée a mis l'appartement à leur disposition gratuitement. Mais en septembre, ils devront trouver leur propre logement. Malgré cela, leur situation s'est améliorée. "Les premiers jours, quand la guerre a commencé et que nous sommes arrivés ici, nous étions totalement perdus. Nous nous sentions comme dans un vide. A présent, je peux dire que nous avons à nouveau une vie. Nous savons ce que nous devons faire et c'est très important."
Hannah aime la vie au Luxembourg. Le rythme de vie ici l'a d'abord surprise, bien que dans le bon sens. "Mon mari travaillait à trois endroits en même-temps (en Ukraine), moi à deux. Et nous n'avions pas de temps pour notre famille ni pour nos enfants, c'était comme si tout le temps on travaillait, travaillait, travaillait. Quand nous sommes arrivés ici, ça a été un petit choc."
La langue est un facteur important pour s'intégrer dans un pays, trouve Hannah Mozgovaya. Elle apprend d'abord le français. Quand elle aura atteint le niveau A2, le luxembourgeois sera au programme.
La jeune femme a un CDD jusqu'en décembre à la maison relais à raison de 25 heures par semaine. La demande a suivi la voie habituelle, explique la directrice Manola Pau. L'établissement avait besoin de personnel afin de pouvoir accueillir les nouveaux élèves arrivés d'Ukraine.
Hannah planifie sa vie ici, mais un peu d'incertitude demeure.
Le reportage de nos collègues de RTL.lu en luxembourgeois: