Des signaux timides en faveur d’une école plus sûre Claude Meisch confirme un plan d'action contre la violence

François Aulner
adapté pour RTL Infos
Un grand débat sur la violence dans l'enseignement a eu lieu mardi après-midi à la Chambre des députés.
© Counselling via Pixabay

Pour prévenir ou gérer les cas de violence à l’école, un plan d’action sera présenté dans quelques semaines. Le ministre de l’Education, Claude Meisch, a confirmé l’information donnée par dDéi Gréng lors d’un débat à la Chambre sur ce sujet mardi après-midi.

Un débat demandé par la députée LSAP Francine Closener et le député CSV Paul Galles, après que deux élèves de l’école primaire de Dudelange se sont montrés violents à plusieurs reprises, et surtout après qu’une élève de 14 ans du Lycée Michel Lucius a attaqué et blessé une autre lycéenne avec un couteau. Lors du débat, un consensus assez clair s’est dégagé au‑delà des clivages politiques : l’école doit être un lieu sûr pour les enfants et les enseignants. Les victimes doivent être protégées, les auteurs pris en charge et réintégrés.

Il y avait notamment consensus sur la nécessité de clarifier davantage qui fait quoi, et à quel moment, lorsqu’un cas de violence survient à l’école. Le ministre de l’Education a admis : “Nous devons nous améliorer en matière d’intervention en situation de crise.” Pour cela, il faut aussi se poser la question “délicate”, et “examiner sérieusement dans quelles situations nous devrons intervenir plus fermement afin de garantir la sécurité de tous les autres enfants de la classe, ainsi que celle des enseignants et des éducateurs”.

Le député CSV Paul Galles l’a exprimé comme suit : “plus de moyens pour permettre aux enseignants d’agir”. Cela peut sembler abstrait, mais le débat a laissé entrevoir des signaux timides en faveur d’un renforcement de la sécurité ou du respect de l’autorité à l’école. Le député Pirate Sven Clement a été le seul à proposer une protection juridique pour les enseignants lorsqu’ils doivent intervenir physiquement. Le président du groupe parlementaire ADR, Fred Keup, a quant à lui exprimé l’espoir de davantage de stabilité, non seulement via la famille, mais aussi à travers la vie associative et la culture.

Plus de besoins spécifiques, à cause du temps d’écran ?

Claude Meisch a souligné la forte augmentation du personnel dédié aux enfants à besoins spécifiques ces dernières années. Il faudra continuer à faire plus, et peut‑être autrement, a-t-il dit. Un consensus transpartisan s’est dégagé sur le fait que les acteurs locaux, régionaux et nationaux doivent mieux collaborer. Pour le ministre, il ne peut “pas ne pas y avoir” de centre de compétences pour une situation spécifique.

Après des discussions avec les directeurs des centres de compétences, il est également clair pour le ministre de l’Education que l’exposition aux écrans durant les trois premières années de la vie d’un enfant constitue la principale cause des problèmes socio‑émotionnels. Dans ce contexte, Francine Closener a demandé quand les réseaux sociaux seront enfin interdits aux moins de 15 ans. Le ministre a indiqué que le gouvernement soutient clairement cette interdiction, mais que des discussions sont toujours en cours au niveau européen. Si aucun accord n’est trouvé, le gouvernement assumera ses responsabilités.

Il faut noter qu’une éventuelle interdiction de TikTok et autres relève de la compétence de la ministre de la Justice. Pour la santé mentale, autre point soulevé par les députés, c’est la ministre de la Santé qui est compétente. Le ministère de l’Éducation travaille quant à lui sur la présence d’un deuxième intervenant dans les classes préscolaires, ainsi que sur des campagnes d’information destinées aux parents. Une professionnalisation de la Commission nationale de l’inclusion est également envisagée. Claude Meisch n’a toutefois pas encore pu donner plus de détails. Il a répondu à la députée verte Djuna Bernard : “laissez‑moi encore quelques semaines”.

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