En attente d'un cadre légal clairLes ostéopathes luxembourgeois réclament reconnaissance et remboursement

Marc Hoscheid
traduit pour RTL Infos
Alors que les discussions se poursuivent sur l'avenir du système de santé luxembourgeois, Chris Zenner, président de l'Association Luxembourgeoise des Ostéopathes (ALDO), revient sur les enjeux de reconnaissance de la profession et la question du remboursement des soins.
Invité vun der Redaktioun: Chris Zenner
Den Invité vun der Redaktioun vu méindes bis freides moies géint 8h00 am Studio vun RTL Radio Lëtzebuerg.

Selon Chris Zenner, l’association espère que les séances seront à l’avenir remboursées par la Caisse nationale de santé (CNS), sans qu’une ordonnance du médecin généraliste ne soit nécessaire.

Actuellement, de nombreuses discussions animent le système de santé luxembourgeois, notamment entre la CNS et l’Association des Médecins et Médecins-Dentistes (AMMD) autour d’une nouvelle convention. L’ALDO n’y est toutefois pas associée.

Les ostéopathes attendent en effet depuis des années que le ministère de la Santé définisse enfin les critères nécessaires pour obtenir une autorisation d’exercer.

Des discussions depuis plusieurs années

Ces débats ne sont pas nouveaux. En 2018, le ministère de la Santé avait présenté un règlement grand-ducal après concertation avec les ostéopathes, mais celui-ci n’avait pas satisfait l’ALDO. En cause notamment : une inspiration du modèle français, où l’ostéopathie est considérée comme une profession du bien-être et non comme une profession de santé.

L’ALDO avait alors saisi la justice et obtenu gain de cause en 2021. Depuis, les discussions autour d’une nouvelle législation se poursuivent.

Selon, Chris Zenner, les échanges avec la nouvelle ministre de Santé Martine Deprez ont été “très bons et constructifs”. Il précise : “Nous avons eu, ces deux dernières années, un groupe de travail avec elle pour élaborer le futur texte sur les ostéopathes.”

Si ce groupe a terminé ses travaux il y a environ un an et demi, aucune décision définitive n’a encore été prise. “Nous avons récemment entendu que nous pourrions reprendre les discussions en avril ou mai”, ajoute-t-il.

L’association reconnaît toutefois que le ministère a dû établir des priorités. Chris Zenner souligne que le Luxembourg compte environ 25 professions de santé et qu’il était clair dès le départ que certaines, comme les infirmiers, passeraient en premier.

Selon Chris Zenner, un nouveau cadre légal définissant clairement la profession d’ostéopathe est également une condition préalable à l’ouverture de négociations avec la CNS pour un éventuel remboursement des séances. À l’heure actuelle, celles-ci restent entièrement à la charge des patients, sauf en cas d’assurance complémentaire.

Remboursement et ordonnance du médecin traitant

L’ALDO formule néanmoins déjà une exigence : que le remboursement ne soit pas conditionné à une ordonnance du médecin traitant.

Sur ce point, Chris Zenner estime que les médecins ne sont pas toujours suffisamment informés : “L’ostéopathie est une médecine relativement jeune. Ce n’est pas nécessairement une matière enseignée dans les études de médecine.”

Il reconnaît que certains praticiens s’y intéressent et suivent des formations, mais souligne que “dans l’ensemble, ils ne sont pas suffisamment informés pour savoir tout ce que nous pouvons traiter”.

Une directive européenne complique la situation

L’ALDO compte près de 100 membres, alors qu’environ 300 personnes exercent comme ostéopathes au Luxembourg. Chris Zenner recommande donc au public de se renseigner auprès de l’association avant de prendre rendez-vous.

“Nous savons qu’en 2018, lorsque l’ostéopathie a été reconnue comme profession de santé, de nombreux droits d’exercer ont été délivrés”, explique-t-il, ajoutant que certains praticiens ne disposaient pas du volume de formation considéré comme minimum par l’association.

Selon Chris Zenner, cette situation s’explique notamment par une directive européenne permettant à une personne autorisée à exercer dans un État membre de pratiquer également dans un autre, même si les critères varient d’un pays à l’autre.

Enfin, l’ALDO organisera le 13 juin une conférence internationale consacrée au rôle de l’ostéopathie dans le sport, ouverte à la fois aux professionnels de santé et au grand public.

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