
Sur la Schueberfouer, "Chez Irène" est une vraie institution. La friterie, qui se développe depuis plus de 65 ans, est aujourd’hui l’une des plus grandes attractions culinaires de la célèbre foire luxembourgeoise. Alors, quand son propriétaire, Romain Hoffmann, publie une annonce de recherche étudiante, il s’étonne du manque de candidatures.
"Avant le covid, on avait des listes d’attente d’étudiants et on devait en refuser. C’est tout à fait l’inverse cette année. Désormais, on doit se battre pour trouver du personnel."
Et ce constat serait le même dans tout le secteur Horeca. "Beaucoup ont vu qu’ils avaient plus de liberté dans un autre secteur. D'autres n'ont tout simplement plus envie de travailler. Je connais beaucoup de confrères restaurateurs qui doivent fermer une journée de plus pour que le personnel restant puisse se reposer."
Sur la vingtaine de personnes qu'il engage chaque année, le restaurateur n'a jusqu'à présent trouvé que la moitié du personnel nécessaire. "La difficulté sur une foire comme la Schueberfouer, c'est qu'il n'y a pas de période d'essai possible. Ҫa passe ou ça casse."
Pourtant, la réouverture du restaurant cette saison a plus d’importance que jamais. Durant les deux années de pandémie, le gérant n'a fait aucun profit. "Des événements alternatifs à la foire étaient organisés. Mais les mesures sanitaires qu'ils imposaient m'auraient fait dépenser trop d'argent dans du nouveau matériel."
Mais les frais, eux, ne s'arrêtent pas: location du matériel, assurances, frais de banque, dettes à rembourser... Romain Hoffman compte donc sur cette réouverture pour combler le manque à gagner de ces deux dernières années.
L'actuelle guerre en Ukraine complique encore un peu plus la situation. Les prix des produits ne cessent d'augmenter et certaines matières premières viennent même à manquer: "Le prix de l’huile a augmenté de plus de 100% par rapport à 2019. Dans l'incertitude que cette hausse progresse encore et pour être certain d'en avoir, j’ai acheté mes palettes à l'avance."

Pour maintenir une certaine rentabilité, le restaurateur est donc contraint d'augmenter le prix de vente de ses plats. "Je pense que les gens comprennent cette situation, ils savent que les forains ont beaucoup souffert de la pandémie."
Romain Hoffman tient malgré tout à rester positif. "La foire cette année sera un vrai challenge. Il y a beaucoup d'incertitudes, mais nous allons y arriver."