Mendiants, sans-abri, toxicomanes...Chaque automne, la situation est la même dans le quartier Gare

RTL Infos
Le service "à vos côtés" intervient en tant que médiateur entre les riverains et les sans-abri dans certains quartiers de Luxembourg-Ville. Jusqu'à présent, les habitants du quartier de la Gare sont satisfaits de son travail. Mais même si la situation s'améliore, les problèmes ne disparaissent pas aussi facilement.
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La politique d'immigration plus stricte a-t-elle des répercussions sur le terrain? Les associations intervenant dans la capitale ressentent-elles une plus forte pression, une plus grande affluence? Notre collègue de RTL, Annick Goerens, est allée se rendre compte sur place, dans le quartier de la Gare avec le service "à vos côtés". Le service "à vos côtés" a été mis en place en 2020 par l’ASBL Inter-Actions, en collaboration avec la Ville de Luxembourg, qui en assure le financement, afin de répondre au sentiment d’insécurité des habitants de certains quartiers de Luxembourg-Ville. L’équipe d'"à vos côtés" a pour objectifs de rassurer les habitants et les commerçants et d'endosser le rôle d'arbitres ou de médiateurs en cas de conflit avec des sans-abri.

La politique d'asile plus restrictive, avec des réfugiés qui n'obtiennent pas directement une place en structure d'accueil, qui sont inscrits sur une liste d'attente et qui, pour certains d'entre eux, vont planter leur tente sous le Pont Adolphe, n'a pas encore eu de gros impact sur leur travail à ce jour, explique Virgine Giarmana, de l'ASBL Inter-Actions.

"Pour l'instant, nous n'avons encore rien vu ici dans le quartier de la Gare. Nous avons quelques cas individuels de personnes demandant des lits ou de trouver des solutions pour obtenir un lit, mais sinon nous n'avons constaté aucun impact des nouvelles règles."

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Des efforts constants pour éviter les désagréments

La sécurité dans le quartier de la Gare de Luxembourg a été un thème fréquemment abordé lors de la campagne électorale. La situation dans le quartier ne s'est ni améliorée ni aggravée, mais elle change en permanence, explique Christof Mann, chargé de direction aux Affaires sociales à la Ville de Luxembourg:

"Chaque situation est toujours différente. Nous sommes une capitale européenne, nous savons que nous avons différents groupes dans la ville, que nous ne pouvons pas faire disparaître. C'est clair. Mais notre objectif est, d'une part, d'éviter que les gens aient à souffrir outre mesure en raison de leur situation sociale et, d'autre part, nous essayons d'éviter autant que possible que leur comportement dépasse les limites et que ceux qui vivent et travaillent ici, soient importunés."

Le Grand-Duché n'est pas une île en Europe. Nous sommes évidemment impactés par les conséquences des conflits. "Certaines guerres font surgir des réfugiés. Nous accueillons ces gens. En Europe aussi, nous sommes dans un contexte de pauvreté, qui ne s'améliore pas vraiment. Et si des gens, n'importe où en Europe et dans le monde entier, peuvent en principe voir sur leur GSM à quel point les Luxembourgeois vont bien, alors nous nous trouvons dans la situation que les gens insistent pour venir ici et nous devons voir comment nous pouvons agir ensemble. À mon avis, nous avons besoin de solidarité."

Nous sommes actuellement dans la même situation que chaque automne juste avant l'Action hiver (Wanteraktioun). À cette époque de l'année, il arrive toujours beaucoup de gens de l'étranger, quasiment pour passer l'hiver ici, en plus, il y a les Roms qui viennent mendier. Et puis, si on peut dire, les sans-abri classiques et les toxicomanes qui vivent dans la rue. La météo aggrave encore la situation, parce qu'ils cherchent un toit, car ils ne peuvent plus se rabattre sur le parc municipal. Et puis maintenant, il y a aussi les réfugiés qui arrivent, explique Christof Mann. Une situation exigeante pour les travailleurs sociaux, qui ont beaucoup à faire.

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