
"Fermez les frontières et vous fermez les hôpitaux", clamait l'ex-premier ministre, Xavier Bettel, au plus fort de la pandémie de coronavirus. Si l'on se fie aux statistiques dévoilées cette semaine par le Statec, les hôpitaux ne seraient assurément pas les seuls à fermer boutique.
On le sait mais tout le monde ne le réalise pas froidement au Luxembourg: les frontaliers —qu'ils soient belges, français ou allemands — contribuent au maintien et même au développement de nombreux secteurs d'activité. Ils représentent désormais près d'un salarié sur deux au Grand-Duché (47%). À titre de comparaison: un salarié sur quatre a la nationalité luxembourgeoise.
Le panorama publié par le Statec à l'occasion de la fête du travail va évidemment plus loin dans son analyse du marché du travail. Il révèle notamment que le modèle de travail "classique" à temps plein en CDI et aux horaires de journée "ne concerne plus qu'une minorité". En effet, près de deux travailleurs sur trois (66%) exercent ce que l'on appelle un travail atypique (horaires décalés, travail le week-end, temps partiel).
Des évolutions dans le monde du travail qui mettent en évidence "des écarts marqués selon le sexe". "Les femmes sont plus souvent amenées à adapter ou à interrompre leur carrière pour des raisons familiales: 61% d’entre elles déclarent une adaptation de leur situation professionnelle, contre 45% des hommes", peut on lire dans l'étude du Statec.
Enfin, l'évolution du télétravail est également mesurée dans ce panorama et tout semble indiquer qu'il se maintient, après un recul 2023. "Environ 36% des personnes occupées travaillent au moins occasionnellement depuis leur domicile", écrit le Statec. Le recours au télétravail varie évidemment selon les secteurs d'activité. C'est principalement dans la finance, les assurances, la communication et les activités scientifiques qu'il est encore très répandu.