Vous les avez peut-être aperçu dans des parcs, jardins, ou le long des autoroutes: des buissons et arbustes recouverts de toiles blanches, et qui grouillent de chenilles.
Des apparitions fantomatiques qui ont de quoi inquiéter, surtout qu'on a tous en mémoire l'invasion de chenilles processionnaires lors des dernières années, et leurs insupportables poils urticants (lire plus bas).
Mais attention à ne pas tout confondre, tempère Eddy Boland de "Rongeurs hygiène service" (RHS): "Avant de crier au secours, il faut s'assurer que ces chenilles sont sur un chêne. Si ce n'est pas le cas, ces chenilles n'ont rien à voir avec les chenilles processionnaires du chêne" , qui comme leur nom l'indique, prolifèrent uniquement sur cet arbre.
À la vision des photos ci-dessus, ce belge, spécialiste des interventions sur des nuisibles, est catégorique: "Ce ne sont pas des chenilles processionnaires, mais plutôt des chenilles hyponomeutes. Il y a plus ou moins 10 espèces différentes. C'est très spectaculaire, mais ce n'est dangereux ni pour l'homme, ni pour les végétaux qui sont attaqués."
Car même si en voyant ces arbres et arbustes, on a l'impression qu'ils sont morts car ils ont perdu toutes leurs feuilles, "ce n'est pas le cas, c'est juste que toute feuille qui sort est immédiatement mangée par les chenilles." Bref, "en général, c'est un phénomène qui ne dure pas longtemps et les végétaux attaqués refont des feuilles en été."

Côté traitement, il préconise la même méthode que pour les chenilles processionnaires, à savoir pulvériser une bactérie, "Bacilllus thuringiensis", qui est sans danger pour les hommes ou les mammifères. Il préconise aussi de faire appel à un bon vieux prédateur naturel: "Mettre des nichoirs à mésange en automne. Cela aide au printemps !"
Une chose est sûre, ce n'est pas encore la saison des chenilles processionnaires, "généralement elles deviennent urticantes début juin", rappelle Eddy Boland. Mais avec les conditions climatiques des dernières semaines, ces chenilles pourraient déjà arriver au stade où elles sont urticantes d'ici "une quinzaine de jours."
En attendant, il multiplie les interventions, tant en curatif que préventif: "Dernièrement, on a fait un arbre dans une école, des arbres le long d'une piste cyclable à Ettelbruck, un camping où on va traiter des arbres, une usine à faire dans le sud du pays..."

On en garde tous un mauvais souvenir: l'été dernier, à l'isolement imposé par la crise sanitaire s'est ajouté un autre "confinement" lié aux chenilles processionnaires. On les surnomme ainsi car ces insectes se déplacent en file indienne après avoir vécu en colonie sur les chênes (et dans d'autres régions sur les pins). Or, leurs poils urticants sont une calamité. Portés par le vent, ils s'accrochent au linge étendu dehors, rentrent par les fenêtres ouvertes, se glissent sous les vêtements, et provoquent des réactions allergiques variées: démangeaisons, réactions inflammatoires de la peau (dermatite, urticaire), des yeux ou des voies respiratoires, fièvre, vertiges... Un vrai cauchemar!
Résultat, l'été passé, beaucoup de gens avaient abandonné toute activité en pleine air. Hélas, ce phénomène risque bien de se reproduire, à la faveur du réchauffement climatique et des actions humaines (urbanisation, pollution, massacre des prédateurs naturels de ces chenilles...)