
Le secteur de la construction n'a plus connu une telle crise depuis la fin des années 80. En comparaison avec l'année précédente, la vente de nouveaux appartements a chuté de 72%. Même constat pour le volume de construction autorisé: moins 33%. Les crédits bancaires ont également enregistré un recul de leur volume de 44%.
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Ces évolutions négatives ont également un impact sur l'activité des agences immobilières qui font face à une baisse pouvant atteindre 90% dans les ventes. L'offre étant bien en dessous de la demande, les loyers explosent à leur tour.
Manuel Rizzo, membre du Conseil de la Chambre immobilière, précise que "certains loyers ont déjà augmenté de 20 à 25%. Cela s'explique tout simplement par l'arrivée de nouvelles personnes sur le marché de la location. Ces néo-locataires auraient pu auparavant acquérir un bien rapidement en pensant que c'était mieux d'acheter que de louer".
L'expert conseille aux élus de plafonner les taux des prêts immobiliers, les intérêts élevés ainsi que la polémique autour de la nouvelle loi sur les biens locatifs ont chassé les petits investisseurs de la classe moyenne: "on ne peut même plus compter sur le fonctionnaire qui pouvait se permettre d'acheter un petit appartement pour compenser ou sécuriser sa pension plus tard".
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Ces personnes préfèrent plutôt les placements, sur 12 mois par exemple, et sans risque auprès d'une banque. Quatre milliards d'euros ont ainsi été placés sur des comptes à terme rien qu'au mois de juillet. Cet argent placé à la banque manque cruellement au secteur immobilier, mais également à celui de la construction.
Quant aux investisseurs plus fortunés, ils optent plutôt pour une vision à long-terme et profitent des prix moins élevés du moment pour se lancer dans le marché immobilier. La situation ne peut cependant pas être définie comme un déclin des prix mais plutôt comme une adaptation aux tarifs réels du marché.