FiscalitéCélibataires, le Luxembourg et ses voisins vous taxent plus qu'ailleurs

Romain Van Dyck
Que cela soit au Luxembourg, en France, en Allemagne et (surtout) en Belgique, les impôts sur les salaires sont salés pour les célibataires, constate l'OCDE. En revanche, au Grand-Duché, certaines catégories de contribuables s'en sortent bien mieux.
Les inégalités fiscales persistent au Luxembourg, notamment pour les célibataires qui paient plus lourdement la note.
Les inégalités fiscales persistent au Luxembourg, notamment pour les célibataires qui paient plus lourdement la note.
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Les célibataires, les "vaches à lait" de l'État?

La critique, fréquente, se vérifie hélas dans les pays de la Grande Région. À commencer par nos amis belges, qui obtiennent la douloureuse première place du classement de l'OCDE sur les réglementations fiscales.

Concrètement, ce classement indique la charge fiscale (impôts + cotisationssociales) des contribuables selon la composition de leur ménage. Voici le résultat en 2021 pour les célibataires sans enfant:

  • BELGIQUE: Les contribuables ont versé 52,6% de leur revenu à l'État (1ère place du classement)
  • ALLEMAGNE: ils ont versé 48,1% de leur revenu à l'État (2ème place)
  • FRANCE: ils ont versé 47% de leurs revenu à l'État (4ème place, après l'Autriche)
  • LUXEMBOURG: ils ont versé 40,2% de leur revenu à l'État (13ème place).

À titre de comparaison, cette charge fiscale est en moyenne de 34,6% dans les pays de l'OCDE:

LA CRISE SANITAIRE N'A RIEN ARRANGÉ

On notera, pour le Luxembourg, que cette pression fiscale a augmenté en 2021 de 0,7% par rapport à 2020, où le Grand-Duché occupait alors la 15ème place du classement.

Car après une baisse en 2020, la fiscalité du travail est repartie à la hausse dans les 2/3 des pays de l'OCDE au cours de 2021. La facture de la crise, en cette seconde année de la pandémie de Covid-19, n'est certainement pas étrangère à ce "réajustement" payé par les contribuables.

Et le Luxembourg fait fort en la matière, puisque c'est le pays de l'OCDE où le "coin fiscal" pour le salarié célibataire moyen a le plus augmenté entre 2019 et 2021. Cet indicateur calcule la différence entre les coûts de main d’œuvre pour l’employeur et la part correspondante de la rémunération nette après impôt du salarié. En 2021, le coin fiscal du Luxembourg, qui était donc de 40,2%, se décomposait comme suit:

  • Impôts sur le revenu (17,23% des coûts de main-d'oeuvre pour le salarié moyen)
  • Cotisations salariales (10,82%)
  • Cotisations patronales (12,16%)
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LES FAMILLES S'EN TIRENT BIEN MIEUX

Ce n'est pas un secret, niveau fiscalité au Luxembourg, certains types de ménage s'en sortent mieux. Et les chiffres de l'OCDE parlent d'eux-même:

  • Pour les familles où les deux partenaires travaillent et ont deux enfants, la charge fiscale est de 34% (31,2% en moyenne pour les pays de l'OCDE)
  • Pour les familles où un seul partenaire travaille et ont deux enfants, la charge fiscale tombe à 19,7% (24,6% en moyenne pour les pays de l'OCDE)

On notera d'ailleurs qu'en la matière, le Luxembourg reste moins gourmand que ses voisins:

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Reste que ce sujet de l'inégalité fiscale est une véritable "patate chaude" pour le gouvernement Bettel, qui avait promis d'introduire un "barème d’impôt unique" nouveau et plus juste... mais l'épidémie de coronavirus a retardé le projet. "Nous restons convaincus qu’une grande réforme fiscale est nécessaire, même si elle ne peut pas être réalisée immédiatement" avait toutefois assuré Xavier Bettel lors de son discours sur l'état de la Nation. La réforme ne devrait pas être menée à bien avant 2023.

->À lire aussi:notre fact-check sur les promesses du gouvernement Bettel à mi-mandat.

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