
Les célibataires, les "vaches à lait" de l'État?
La critique, fréquente, se vérifie hélas dans les pays de la Grande Région. À commencer par nos amis belges, qui obtiennent la douloureuse première place du classement de l'OCDE sur les réglementations fiscales.
Concrètement, ce classement indique la charge fiscale (impôts + cotisationssociales) des contribuables selon la composition de leur ménage. Voici le résultat en 2021 pour les célibataires sans enfant:
À titre de comparaison, cette charge fiscale est en moyenne de 34,6% dans les pays de l'OCDE:
On notera, pour le Luxembourg, que cette pression fiscale a augmenté en 2021 de 0,7% par rapport à 2020, où le Grand-Duché occupait alors la 15ème place du classement.
Car après une baisse en 2020, la fiscalité du travail est repartie à la hausse dans les 2/3 des pays de l'OCDE au cours de 2021. La facture de la crise, en cette seconde année de la pandémie de Covid-19, n'est certainement pas étrangère à ce "réajustement" payé par les contribuables.
Et le Luxembourg fait fort en la matière, puisque c'est le pays de l'OCDE où le "coin fiscal" pour le salarié célibataire moyen a le plus augmenté entre 2019 et 2021. Cet indicateur calcule la différence entre les coûts de main d’œuvre pour l’employeur et la part correspondante de la rémunération nette après impôt du salarié. En 2021, le coin fiscal du Luxembourg, qui était donc de 40,2%, se décomposait comme suit:

Ce n'est pas un secret, niveau fiscalité au Luxembourg, certains types de ménage s'en sortent mieux. Et les chiffres de l'OCDE parlent d'eux-même:
On notera d'ailleurs qu'en la matière, le Luxembourg reste moins gourmand que ses voisins:

Reste que ce sujet de l'inégalité fiscale est une véritable "patate chaude" pour le gouvernement Bettel, qui avait promis d'introduire un "barème d’impôt unique" nouveau et plus juste... mais l'épidémie de coronavirus a retardé le projet. "Nous restons convaincus qu’une grande réforme fiscale est nécessaire, même si elle ne peut pas être réalisée immédiatement" avait toutefois assuré Xavier Bettel lors de son discours sur l'état de la Nation. La réforme ne devrait pas être menée à bien avant 2023.
->À lire aussi:notre fact-check sur les promesses du gouvernement Bettel à mi-mandat.