
Deux destinations très différentes sont à l'ordre du jour de la visite en terre africaine de Xavier Bettel, Premier ministre et de Franz Fayot, ministre de l’Économie, de la Coopération et de l'Action humanitaire, qui a démarré dimanche et se poursuit jusqu'à ce mercredi: le Niger qui, en plus du changement climatique, fait également face au terrorisme islamiste, et le Rwanda, pays aux grandes ambitions économiques.

Première escale au Niger donc, pays prioritaire de la politique étrangère luxembourgeoise, où la coopération est active depuis 30 ans. Les ministres Bettel et Fayot et leur entourage se sont rendus en hélicoptère dans la ville de Simiri, à environ 80 km au nord de Niamey, la capitale.
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Ils ont ainsi pu voir concrètement à quoi ont servi les fonds versés au Niger dans le cadre de l'aide au développement. L'agence LuxDevelopment a installé à Simiri une station hydrologique à côté d'une école. Un château d'eau avec de l'eau propre pour des milliers de personnes. Eric Dietz connaît bien ce projet puisqu'il a été chargé d'affaires du Niger pour le Luxembourg durant six ans.
"Nous avons construit des installations dans tout le pays, qui fournissent désormais de l'eau potable à plus de 600.000 personnes. C'est important pour le développement d'autres secteurs. Santé et éducation. Car sans eau, rien ne fonctionne", résume Eric Dietz.

Le nouveau programme de coopération en faveur du Niger est le plus important de la Coopération luxembourgeoise et avoisine 145 millions d'euros pour la période 2022 -2026. Une grande partie de ces fonds sera dépensée pour l'aide au développement et l'approvisionnement en eau au Niger d'ici 2026.
L'accès à l'eau peut résoudre bien d'autres problèmes, a souligne Xavier Bettel à Simiri car "sans eau il n'y a pas de vie et on voit qu'elle provoque aussi des conflits quand il n'y en a pas. Ce n'est que quand on n'a pas d'eau qu'on se rend compte à quel point elle est importants. Ici il y a de l'eau propre maintenant. Cela permet aussi d'éviter les maladies."

La construction d'infrastructures est une chose. Mais pour qu'un projet soit durable, les autorités locales doivent gagner la confiance nécessaire pour assurer elles-mêmes le suivi des projets et prendre leurs responsabilités. "Nous sommes reconnaissants de cette aide. Cela nous permet également de progresser professionnellement dans la formation", a dit le Premier ministre nigérien Ouhoumoudou Mahamadou.
Mais il reste encore un long chemin à parcourir. Comme le changement climatique qui prive de récolte les agriculteurs. Les jeunes sans perspectives qui sont ensuite radicalisés par les djihadistes, avec pour résultat, la terreur. Ce sont des crises étroitement imbriquées. Et elles forcent des milliers de personnes à fuir la région du triangle frontalier que forment le Mali, le Burkina Faso et le Niger pour trouver refuge dans des camps spéciaux comme celui d'Ouallam où Xavier Bettel et Franz Fayot se sont rendus.
"Il s'agit d'un site qui accueille des personnes cherchant à se protéger des groupes armés dans leurs régions", explique Prosper Zombre, chef de mission au Niger.
Plusieurs camps différents se côtoient directement. Le centre de regroupement d'Ouallam accueille 1.950 ménages déplacés, retournés, réfugiés et hôtes. Le projet a été mis en place et appuyé par l'Aide internationale de la Croix-Rouge luxembourgeoise, la Croix-Rouge nigérienne et la Croix-Rouge danoise et vise à améliorer les conditions d’habitat humanitaire des populations les plus vulnérables affectées par des conflits armés et des catastrophes naturelles, notamment en fournissant des abris, des latrines et des kits d'hygiène.

"La Croix-Rouge luxembourgeoise apporte son aide en infrastructures et en savoir-faire depuis de nombreuses années", explique Rémi Fabbri, directeur de l'Aide internationale à la Croix-Rouge luxembourgeoise.
Mais sur le terrain, "la demande est supérieure à l'offre. Nous n'avons pas assez pour aider tout le monde. Cette visite du Premier ministre nous aide aussi à lancer l'appel qu'il nous faut plus de générosité, pour pouvoir aider plus de gens", lance Prosper Zombre.
Jusqu'à ce que ces milliers de personnes puissent retourner dans leur patrie, il reste encore beaucoup de travail à faire. Avec un seul objectif: la paix via l'éducation et l'aide au développement.

Si la coopération au développement occupait une place prépondérante dans les relations bilatérales des deux pays, "l'action du Luxembourg au Niger constitue aujourd’hui l"exemple phare de sa politique des « 3D » - combinant les outils de la diplomatie, du développement et de la défense", résume les deux ministère dans un communiqué. Le Luxembourg et le Niger sont aussi en train de diversifier leurs relations. Des dirigeants d’importantes entreprises luxembourgeoises opérant dans les secteurs des télécommunications et de la santé ont tenu à accompagner les ministres durant ce déplacement au Niger.
La délégation luxembourgeoise participe d'ailleurs ce mardi à une conférence internationale sur la technologie à Kigali, la capitale du Rwanda.