
Au fond, c'est quoi, un bon salaire ?
Celui qui vous permet de dépenser sans compter ? Celui qui vous donne l'impression d'être au sommet ? Ou simplement celui qui vous suffit ?
Libre à vous de répondre à cette question. De notre côté, nous avons demandé à l'IGSS (L'Inspection générale de la sécurité sociale) de nous fournir des statistiques pour réaliser une "échelle des salaires", qui permet de comparer votre salaire avec celui des autres employés au Luxembourg, que ça soit dans le secteur privé ou public.
Le principe de cette échelle est simple: on classe les salaires au Luxembourg par tranche de 10% (des "déciles"), des 10% les plus bas jusqu'aux 10% les plus élevés.
Notons qu'il s'agit des salaires bruts, en équivalent temps plein, et qui intègrent à la fois les salaires de bases et les salaires complémentaires (primes, gratifications, en revanche les heures supplémentaires sont exclues). Ces salaires sont calculés sur l'ensemble des emplois au cours de l'année 2025, à l'exception de certains emplois (femmes de ménage chez des particuliers, intérimaires, contrats courts, étudiants et apprentis).
Cliquez ci-dessous pour faire le test :
Que nous disent ces chiffres ? Que tout d'abord, le Luxembourg reste au sommet des salaires les plus généreux de l'U.E., avec un salaire médian brut (50% gagnent moins et 50% gagnent plus que ce salaire) de 4.584 euros dans le secteur privé, et de 9.313 euros dans le secteur public (et 4.960 euros tous secteurs confondus).

Autre constat flagrant, la fonction publique paie très bien au Luxembourg :
- Dans le public, les 10% les moins bien payés du secteur public gagnent jusqu'à 5.583 euros brut par mois, contre 2.877 euros dans le privé. À l'inverse, les 10% les mieux payés du public débutent à 14.056 euros, contre 10.545 euros dans le privé. Et souvenez-vous qu'il s'agit des salaires brut de base, avec les primes et autres avantages, qui sont légions dans la fonction publique (lire notre article ici).
-En 2025, près de 40 % des salariés du public gagnent au moins 10.000 euros brut par mois, alors qu'un peu plus de 10% des salariés du privé ont cette chance.
Mais il faut aussi rappeler, car tout est loin d'être rose au Luxembourg, que beaucoup de personnes sont exposées à la pauvreté. En 2025, près d'1 résident sur 5 était concerné par le risque de pauvreté.
D'où notre dernière question: s'il existe un seuil de la pauvreté, pourquoi ne parle-t-on jamais du seuil de la richesse ?
C'est une chose assez curieuse quand on y pense. Le Luxembourg a un des niveaux de vie les plus élevés, et même le titre de pays le plus riche du monde. Et pourtant, on ne définit ni ne quantifie les riches du pays. C'est quoi être "riche" au Luxembourg ?
En France, l'Observatoire des Inégalités a défini que le seuil de la richesse se situait au double du niveau de vie médian (50% gagnent moins et 50% gagnent plus que ce salaire, en prenant en compte tous les revenus de la personne, les impôts et la composition de la famille).
Au Luxembourg, selon les dernières données disponibles du Statec, le niveau de vie médian d'un adulte s'élevait à 4.170 EUR euros en 2025 (à noter qu'il était de 4.233 € en 2024). Cela situerait donc le seuil de richesse au Luxembourg à 8.340 euros net par mois.

Un chiffre qu'il faut évidemment prendre avec des pincettes, car il existe d'autres facteurs que le revenu (patrimoine immobilier et financier, situation familiale, début ou fin de carrière professionnelle, etc.) pour déterminer la richesse d'un individu. D'ailleurs le Statec nous avait expliqué qu'il refusait de calculer un seuil de la richesse, car "tout comme pour le seuil de pauvreté, il n’existe pas d’approche unique pour calculer un seuil de richesse".
Richesse qui restera donc un sujet toujours aussi tabou au Grand-Duché. Mais pour se faire une idée, on peut rappeler cette étude qui estime qu'au Luxembourg, un résident sur 15 est au minimum millionnaire. Et là aussi, c'est un record du monde !