
Avant la guerre en Ukraine déjà, être moins dépendant des énergies fossiles était un objectif de l'Union européenne, a dit le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, après le Sommet européen.
"Nous devons d'abord diversifier les ressources énergétiques. Nous ne pouvons pas nous baser seuls sur quelque chose et nous devons aussi le faire pour faire baisser les prix à long terme et pour disposer d'alternatives si une chaîne d'approvisionnement devait brusquement être coupée. Nous risquons, et il ne faut pas le cacher, qu'il y ait maintenant, à court et à moyen terme, que l'inflation ne puisse pas être freinée, c'est une réalité, (...). Madame von der Leyen nous a par exemple expliqué que si chacun utilisait deux degrés de moins dans son salon, cela aurait un impact considérable sur la consommation."
Le ministre d'État souhaite approfondir la problématique de l'économie d'énergie ce mercredi en conseil de gouvernement.
Au Sommet européen, il a aussi été question de sécurité alimentaire. Nous sommes actuellement en train de voir comment nous pourrions faire sortir les céréales d'Ukraine de manière sécurisée, a expliqué Xavier Bettel, qui n'était cependant pas très optimiste sur le fait que la Russie donnerait les garanties nécessaires.
"En ce moment, un récit est en train de parcourir le monde, qu'au fond, une pénurie ou une crise alimentaire surviendrait à cause des sanctions. C'est faux, ce n'est pas à cause des sanctions qu'une crise alimentaire se profile, c'est à cause de la guerre. C'est à cause de cette agression du côté russe, que la situation est ce qu'elle est aujourd'hui, qu'un problème risque d'arriver avec une crise alimentaire. Et le continent africain nous dit, "nous comptons sur l'Europe". Nous devons aussi voir comment nous pouvons les aider avec les denrées alimentaires, mais nous devons faire très attention à ce récit."
Lors du prochain Sommet européen en juin, les chefs d'État et de gouvernement discuteront du statut des pays qui veulent être membres de l'UE et des propositions du président français, Emmanuel Macron, pour une Union avec différents niveaux d'intégration.
La défense a été un autre thème de ce Sommet. Ce ne serait pas un fait nouveau: en Europe, trop d'équipements militaires différents seraient achetés et il n'y aurait pas d'interopérabilité. Cela tiendrait aussi au fait qu'un certain nombre d'États auraient leur propre production d'armes, selon Xavier Bettel.
"Et là chacun pense, comment puis-je vendre au mieux ces choses, que je produis aussi dans mon pays et c'est pourquoi il n'y a pas d'accord. J'ai pris l'exemple d'Airbus. Aujourd'hui, il y a un Airbus qui a le succès que l'on connaît. Alors ne serait-il pas opportun de voir, pas seulement au niveau de l'achat, mais aussi de la production, s'il ne peut y avoir plus de collaboration entre les pays."
Le reportage en luxembourgeois de nos collègues de RTL: