
C’est environ une centaine de plus qu’en 2024. Le transport ferroviaire reste particulièrement touché. Rien qu’en 2025, plus de 650 incidents ont été signalés dans les trains. La plupart d’entre eux sont des insultes verbales, mais il y a aussi des menaces et, dans de rares cas, des agressions physiques.
Pour beaucoup de gens, le train est un compagnon quotidien, que ce soit pour se rendre au travail, à l’école ou pour rentrer chez soi. Avec environ 31 millions de passagers par an, le nombre de voyageurs a fortement augmenté ces dernières années. Lorsque beaucoup de gens se rassemblent, les tensions apparaissent plus rapidement. Le personnel ferroviaire le ressent également.
Jerry est accompagnateur de train auprès des CFL depuis 17 ans. Pour lui, il est clair que l’ambiance a changé depuis la pandémie de Covid : “On peut toujours avoir une bonne conversation avec certaines personnes, mais on remarque une légère tendance à la hausse du manque de respect”. Dans leur travail quotidien, les employés signalent principalement des problèmes mineurs : pieds sur les sièges, déchets ou conversations bruyantes au téléphone. Mais toutes les situations ne sont pas anodines. Une expérience reste gravée dans la mémoire de Jerry, d’autant plus qu’elle a été portée devant les tribunaux : “Le 6 septembre 2024, il y a eu un incident impliquant des crachats. On m’a craché au visage et dans le cou. Ce n’est évidemment pas très agréable”.
Aux CFL, une agression verbale contre un employé est enregistrée tous les deux jours. Ces incidents sont signalés via une application interne. Ce processus est numérisé depuis 2022 et pour Sonja Schruppen, de la cellule Sûreté des voyageurs, cela explique également la hausse des statistiques : “On peut signaler un incident beaucoup plus rapidement. C’est pourquoi je ne pense pas que la situation se soit réellement aggravée, mais simplement que davantage d’incidents sont signalés”. En fait, le nombre d’accidents du travail liés à des agressions a légèrement diminué l’année dernière, pour atteindre quatre cas.
Outre le signalement des incidents, les CFL se concentrent principalement sur la prévention. Cela comprend la formation du personnel à la gestion des conflits, à la désescalade et à l’autodéfense. L’objectif est de désamorcer les situations critiques avant qu’elles ne s’aggravent.
“Ne pas jeter de l’huile sur le feu” : telle est la devise personnelle de Jerry lorsqu’il est confronté à des passagers mécontents.
Un autre élément important est la présence sur le terrain. Doris Horvath, responsable de la sécurité chez CFL, évoque trois piliers : la présence humaine, l’infrastructure et la sensibilisation. “Environ 15% de nos trains sont accompagnés par du personnel de sécurité externe”.
Il s’agit des trains critiques que nous sélectionnons sur base de nos observations. Les patrouilles sur certains itinéraires sont renforcées, en particulier sur les lignes très fréquentées et en fin de soirée.
Les infrastructures jouent un rôle important. La vidéosurveillance, les gares bien éclairées et les espaces ouverts visent à renforcer le sentiment de sécurité. Parallèlement, les CFL lancent régulièrement des campagnes de sensibilisation, notamment la journée “Respect” dans les transports publics. Le message est clair: tolérance zéro pour la violence.
Bien que les statistiques sont en hausse, les CFL hésitent à parler de détérioration. La numérisation permet d’enregistrer davantage d’incidents, qui gagnent ainsi en visibilité. Dans le même temps, le défi reste important. La sécurité dans les trains ne passe pas seulement par des mesures techniques, mais aussi par une interaction humaine appropriée. Pour les passagers et le personnel, les transports publics doivent rester un lieu où ils se sentent en sécurité et respectés.