Cancérologie au LIHComment les allergies peuvent aider à combattre les tumeurs cérébrales

Raphaëlle Dickes
adapté pour RTL Infos
Les personnes sujettes à certaines allergies présentent un risque moins élevé de développer un glioblastome, la tumeur cérébrale primitive la plus agressive chez l'adulte.
© Morgan Doux

Au Luxembourg Institute of Health, des chercheurs veulent découvrir pourquoi les personnes allergiques ont moins de risques de développer une tumeur cérébrale agressive. Dans l’espoir de trouver de nouvelles approches pour des traitements plus efficaces.

Le glioblastome est une tumeur cérébrale rare mais très agressive. Elle se propage rapidement et est considérée comme incurable. La tumeur parvient à bloquer notre système immunitaire, de sorte que les traitements et même les immunothérapies ne fonctionnent pas.

Mais il y a de l’espoir : les allergies respiratoires, telles que le rhume des foins ou l’asthme allergique, protègent contre le glioblastome. Les personnes atteintes de ces maladies ont un risque 30 % moins élevé de développer cette tumeur cérébrale agressive. Avec le projet « Glioma Risk and Allergy » (GRALL), le Luxembourg Institute of Health mène des recherches sur les mécanismes à l’origine de ce phénomène.

“On pense que les allergies activent le système immunitaire qui devient beaucoup plus agressif face à des substances contre lesquelles d’autres personnes ne vont pas réagir. Notre hypothèse de travail est que l’allergie qui arrive avant, permet à notre système immunitaire de mieux reconnaître et donc de se défendre contre la tumeur cérébrale”, explique Aurélie Poli, responsable du projet GRALL.

© Morgan Doux

Les chercheurs s’intéressent particulièrement aux microglies. Il s’agit de cellules immunitaires uniques du cerveau, comme le souligne le Dr Alessandro Michelucci, responsable du groupe Neuro-Immunologie au LIH. “Pendant une réaction allergique, on a découvert que ces microglies sont activées et sont en mesure de produire des substances qui vont contraster la progression de la tumeur.”

De plus, des cellules immunitaires provenant d’autres parties du corps sont également recrutées pour lutter contre la tumeur cérébrale. Les chercheurs du LIH ont déjà pu démontrer ce système dans leurs modèles.

Il est désormais nécessaire de comprendre le mécanisme par lequel les allergies rendent les cellules immunitaires plus efficaces contre le glioblastome. Sur cette base, de nouvelles immunothérapies plus efficaces pourraient alors être développées. Cependant, il faudra probablement plusieurs années supplémentaires entre la recherche fondamentale et la mise au point d’un traitement définitif.

Le projet GRALL est financé par le Fonds national de la recherche et la Fondation Cancer et se poursuivra jusqu’en avril 2028.

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