
“L’approvisionnement en gaz et en électricité étant un intérêt vital pour le pays, le Conseil de défense et de sécurité nationale (SDSN) aura pour objectif de faire le point sur la situation ainsi que sur les scénarios envisagés pour se préparer à tous les cas de figure cet automne et cet hiver”, a expliqué un conseiller de l’Élysée.
“On ne peut pas parler de gaz et de crise énergétique sans parler de la Russie et de la guerre en Ukraine, ce qui veut dire qu’il y a des sujets de l’ordre de la sécurité nationale et à haute valeur stratégique”, a plaidé mardi sur franceinfo le porte-parole du gouvernement Olivier Véran pour justifier le recours à ce dispositif où les délibérations sont secrètes.
“Ne voyez pas ça comme un comme une enceinte secrète, c’est vraiment un travail collégial, collectif”, a-t-il cependant ajouté, en précisant avoir participé à de nombreux conseils de défense sanitaire en tant que ministre de la Santé.
Initialement réservé aux sujets de défense, ces conseils avaient été utilisés à de nombreuses reprises par le chef de l’État à l’époque de la crise Covid, provoquant des critiques des oppositions politiques sur l’exercice solitaire du pouvoir.
“Un conseil de défense énergie, pour moi c’est le secret. Le conseil des ministre je vois ce que c’est, l’assemblée, je vois ce que c’est, le sénat je vois ce que c’est, c’est prévu dans la constitution. Le conseil de défense ça n’existe pas”, a critiqué mardi sur LCI le patron des Verts Julien Bayou.
Un pas de plus vers le tarissement des flux de gaz russe vers la France a été franchi mardi avec l’annonce par le groupe Engie d’une nouvelle réduction des livraisons du géant Gazprom, entretenant les craintes sur l’approvisionnement pour l’hiver malgré des stocks bien remplis.
L’énergéticien français Engie a annoncé dans un bref communiqué que le géant russe Gazprom l’avait informé de réductions supplémentaires et immédiates de ses livraisons de gaz auprès de lui “en raison d’un désaccord entre les parties sur l’application de contrats”.
Les livraisons de gaz russe à Engie avaient déjà considérablement diminué depuis le début du conflit en Ukraine, passant récemment à seulement 1,5 TWh (térawatt-heure) par mois, selon Engie.
Ce chiffre est à rapporter à des approvisionnements “totaux annuels en Europe supérieurs à 400 TWh” pour Engie, ajoute le principal fournisseur de gaz en France, dont l’État français détient près de 24%.
Le groupe rappelle mardi avoir déjà mis en place des mesures pour pouvoir fournir ses clients même en cas d’interruption des flux de Gazprom.
La situation est également tendue du côté de l’électricité, en raison de l’indisponibilité d’une partie du parc nucléaire, notamment pour des problèmes de corrosion. La centrale de Cattenom en Moselle est également concernée. Elle tournera avec un seul réacteur jusqu’en novembre.
La Première ministre Elisabeth Borne a exhorté lundi les entreprises à agir pour améliorer leur sobriété énergétique, faute de quoi elles seraient les “premières touchées” par des mesures de “rationnement” dans les prochains mois.
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