Des bouchons interminables à la frontièreLe trafic vers le Luxembourg est en très forte augmentation sur l'A31

Thomas Toussaint
L'A31, principal axe autoroutier frontalier entre le Luxembourg et la France, a la réputation d'être particulièrement saturé. Et le phénomène s'accentue, comme le confirment des chiffres de trafic publiés récemment.
© Domingos Oliveira / Archives RTL

Jusqu'à 10% de plus. Ce n'est pas l'augmentation des salaires, ni du coût des logements, mais bien celle du trafic routier sur l'A31. L'autoroute, axe privilégié des frontaliers pour rejoindre le Luxembourg, continue de voir passer un nombre croissant de véhicules chaque jour.

"La hausse continue des déplacements entre la France et le Luxembourg entraine la saturation des infrastructures de transport reliant les deux pays. Les perspectives économiques indiquent que cette dynamique va se poursuivre" constate froidement la Dreal (la Direction Régionale de l’Aménagement, de l’Environnement et du Logement, ndlr).

D'un peu moins de 87.000 frontaliers fin 2015, le contingent français a augmenté continuellement jusqu'à dépasser les 129.000 travailleurs fin 2025. Soit 48% de personnes en plus pour effectuer les trajets quotidiens entre les deux pays. Et selon les prévisions disponibles, plus de 135.000 frontaliers français seront employés au Luxembourg en 2030. La majorité d'entre eux sera installée dans le "Nord-lorrain" et devra affronter des trajets interminables : plus de 9h30 par semaine (1h54 par jour) selon une étude de la Chambre des salariés.

6.000 véhicules de plus à la frontière

L'A31 n'est, certes, pas le seul axe pour effectuer ces déplacements, mais le principal malgré tout. Entre 2015 et 2025, le trafic total y a augmenté drastiquement. À la frontière, plus de 64.000 véhicules passent chaque jour à hauteur de Zoufftgen (dont environ 10% de poids lourds). C'est environ 10% de plus que les 58.000 véhicules qui circulaient quotidiennement à cet endroit en 2015.

À Thionville, le trafic est encore plus soutenu : plus de 85.000 véhicules enjambent la Moselle chaque jour grâce au viaduc de Beauregard (dont 8,5% de poids lourds). Alors qu'il y en avait déjà plus de 79.000 en 2015 (+7,5%).

Cette augmentation du trafic autoroutier sur l'A31 est l'une des raisons qui poussent l'État à mener le projet d'A31bis. Avec un objectif précis : essayer de rattraper la surcharge de trafic qui ralentit les frontaliers et les résidents du secteur "nord", de Thionville à la frontière. Et anticiper les bouchons de demain, qui seront plus longs et plus fréquents en traversée de Thionville.

L'État espère élargir de l'autoroute à 2x3 voies entre Thionville et la frontière luxembourgeoise. Et créer un contournement de Thionville, dont l'A31 assure le rôle de rocade avec de très nombreux échangeurs locaux : d'Illange au Kinépolis de Thionville, ce sont sept destinations locales qui sont desservies. Elles sont aujourd'hui autant de points de friction pour le trafic lors des heures de pointe. Des bouchons "qu'on n'évite plus" comme le faisait remarquer un Thionvillois récemment sur notre site.

Back to Top
CIM LOGO