
Malgré les nuages sombres qui planent sur l’économie européenne, la compagnie aérienne prévoit de se développer à travers l’Europe. Le bouillonnant PDG Michael O’Leary n’a aucune confiance dans l’économie belge et menace de mettre fin aux opérations sur le marché belge.
“Je ne vois pas de croissance dans votre pays pour les 12 prochains mois. La Belgique, ce pays si cher à mon cœur, notamment pour ses syndicats, a un modèle économique bizarre”, a ironisé O’Leary au journal belge La Libre Belgique.
Selon le quotidien, le PDG pourrait bientôt fermer plusieurs bases européennes de Ryanair dans les deux prochaines semaines.
“L’aéroport de Zaventem est l’une de ces bases que nous examinons de très près. Je ne peux pas garantir que nous ne fermerons pas cet hiver. Nous envisageons également de retirer des avions de Charleroi. Nos avions iront là où il y a de la croissance et où nous pouvons faciliter notre modèle low-cost. Si nous avons un meilleur accord avec un autre aéroport, nous déménagerons”, a déclaré M. O’Leary.

La fermeture de la base de Ryanair à Zaventem, et surtout de l’aéroport low-cost de Charleroi, aurait un impact colossal sur la façon dont les Belges voyagent à l’étranger. Ryanair relie la Belgique au reste de l’Europe avec des billets à prix réduit, ce qui permet à de nombreux Belges de voyager à l’étranger à un prix abordable.
D’aucuns pensent que Ryanair tente simplement de forcer les autorités belges à rendre les conditions plus favorables à la compagnie aérienne, qui a été en proie à des grèves et à des conflits sur les conditions de travail.
En juillet, Ryanair a de nouveau menacé de quitter le marché belge en raison des grèves prévues par les pilotes de Ryanair qui réclament de meilleurs salaires et une indexation des salaires. Les projets de voyage de l’été ont été perturbés par une série de grèves du personnel de cabine et des pilotes de Ryanair.
Les syndicats belges ont été extrêmement préparés et ont organisé des actions syndicales répétées tout au long de l’été. L’animosité entre Ryanair et les syndicats ne date pas d’hier. O’Leary a déjà dit au personnel belge en grève de “se taire et d’aller travailler” et a qualifié la Belgique de pays où “la grève est un hobby national... un passe-temps favori”.
Le PDG est convaincu que l’été de grèves a eu peu d’impact sur ses opérations ou sa réputation en Belgique.
“Nos clients ne vont pas nous tourner le dos. Nous avons dû annuler 2% de nos vols. Ce n’est rien du tout. En Belgique, le client a le choix entre payer un billet de 40€ avec Ryanair ou se faire arnaquer par Brussels Airlines en payant plusieurs centaines d’euros”, a-t-il déclaré.

Ces prochaines décisions pourraient avoir des répercutions positives sur l’aéroport du Findel au Luxembourg qui accueille déjà plusieurs liaisons de la compagnie irlandaise, notamment vers le Portugal, la France, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Irlande ou encore l’Allemagne.
Aucune information n’a cependant filtré du côté de Luxairport qui pourrait, à terme, récupérer certains vols si la compagnie devait effectivement quitter la Belgique.
Les relations de Ryanair avec le gouvernement belge ne sont guère meilleures. O’Leary est en colère contre la taxe sur les passagers introduite par les autorités belges en avril dernier, qui, selon lui, affecte Ryanair de manière disproportionnée.
“Qui a inventé cette m*rde ? Brussels Airlines, qui passe par Francfort pour ses vols long-courriers, ne la paie pas. C’est une blague ! On préfère taxer les pauvres qui voyagent avec Ryanair. En plus de cette taxe stupide qui pénalise les aéroports belges, la direction de Zaventem a eu la brillante idée d’augmenter ses prix lorsque l’aéroport a perdu 30% de son trafic à cause du Covid”, s’est emporté O’Leary.
Bien que Ryanair pense que la compagnie résistera à toute tempête économique à venir, le PDG a admis qu’il y aura bientôt une augmentation inévitable des prix. Pourtant, O’Leary insiste sur le fait que cela ne mettra pas fin à son modèle à bas coût.
“Je n’ai jamais dit que c’était la fin du modèle low-cost, mais nous ne verrons probablement pas de vols à 10€ dans les prochaines années. Nos promotions devraient plutôt osciller autour de 15-20€. Quant à notre prix moyen, qui était de 40€ avant Covid, il passera sans doute à 50€ dans les cinq prochaines années. Le modèle est loin d’être cassé”, a-t-il déclaré.
La compagnie a mis au rebut certains de ses projets ambitieux, comme les vols transatlantiques ou les liaisons avec le Moyen-Orient, où la compagnie low-cost hongroise Wizzair a déjà progressé.
“Nous allons continuer à nous développer en Europe. Nous aimerions également nous développer dans les pays d’Afrique du Nord, notamment au Maroc”, a conclu M. O’Leary.