Suisse, Luxembourg, Allemagne...La France championne d’Europe des travailleurs frontaliers

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Sur le podium des pays d’Europe où le plus de personnes passent une frontière pour se rendre au travail, la France occupe largement la plus haute marche. Le Luxembourg est la deuxième destination derrière la Suisse.
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En France, environ 483.000 personnes se rendent dans un pays limitrophe pour travailler. Un chiffre qui propulse le pays loin en tête des classements européens. Le second est l’Allemagne avec 270.000 travailleurs et on en compte 230.000 pour la Pologne, troisième.

Pour Aurélien Biscaut de la Mission Opérationnelle Transfrontalière, une association créée par le gouvernement français pour veiller aux intérêts des territoires transfrontaliers au niveau européen, la raison de cette première place est due à des facteurs multiples”.

Les travailleurs frontaliers français se répartissent sur tout le territoire. Trois pays se distinguent pour les accueillir, la Suisse, le Luxembourg et Monaco. Les cantons helvètes attirent environ 200.000 frontaliers, le Grand-Duché 105.000. Pour la Principauté 41.700, environ autant que la Belgique et l’Allemagne, mais pour une surface bien moindre. Vers l’Italie et l’Espagne, le flux est réduit à quelques milliers.

Les données permettent d’établir des points communs entre les destinations principales. Pour Aurélien Biscaut : Ce sont des pays avec un fonctionnement qui attirent les frontaliers. En plus d’offrir des salaires plus importants qu’en France, ils proposent des postes intéressants. “Les conditions, notamment fiscales, sont attractives. Ce qui permet l’installation de grandes entreprises internationales”.

Les niveaux de formations expliquent aussi “la compétitivité de la France”. Le pays exporte des salariés pour répondre aux besoins des pays voisins, à l’image des infirmières embauchées au Luxembourg. À cela s’ajoute “des spécifications territoriales avec le maintien de certaines industries à l’étranger qui ont disparu en France” analyse Aurélien Biscaut qui cite l’exemple de l’horlogerie en Suisse qui embauche de nombreux Francs-Comtois ou, pendant longtemps, celui de la sidérurgie au Luxembourg.

Dans une moindre mesure, l’expert observe encore une tendance à la frontière du Grand-Duché: “Pour les Luxembourgeois, la France est attractive pour s’y établir comme résident. Certains s’installent et passent la frontière tous les jours pour travailler”.

Pour la MOT, toutes les raisons qui expliquent la mobilité des travailleurs français illustrent l’importance des “coopérations” et du “codéveloppement” pour les différents pays d’un bassin transfrontalier. “Une frontière n’est pas une ligne, mais un espace”, conclut Aurélien Biscaut.

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