
Présentée par le gouvernement comme “un village pénitentiaire” accueillant des prisonniers répartis en “petites unités de vie”, la prison de Haren, un quartier périphérique de la capitale, est le plus grand complexe carcéral jamais construit en Belgique.
Lancé en 2008, le projet a fait rapidement l’objet d’une controverse. Des riverains et des associations ont dénoncé son aspect surdimensionné et “hyper-sécuritaire”.
Le gouvernement a défendu une infrastructure unique, capable de répondre à “un triple défi”: réduire la récidive, améliorer les conditions de détention et “supprimer la surpopulation carcérale d’ici à 2030". “Enfin! Avec ce village nous quittons des conditions de détention du XIXème siècle pour entrer pleinement dans celles du XXIème”, a affirmé vendredi Mathieu Michel, secrétaire d’Etat chargé de la gestion des biens immobiliers.

Il a évoqué la “vétusté extrême” des prisons bruxelloises de Saint-Gilles et Forest, mises en service respectivement en 1884 et 1910. La prison de Haren doit à terme permettre de vider ces deux prisons (environ 900 détenus à Saint-Gilles, 200 à Forest), régulièrement pointées du doigt par les associations de défense des droits humains pour leur insalubrité et leurs conditions de détention “inhumaines”.
La Belgique a déjà été plusieurs fois condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans des dossiers liés aux conditions de vie de ses prisonniers.
Ce pays de 11,5 millions d’habitants compte actuellement 11.016 détenus (96% sont des hommes) pour 9.736 places, soit un taux d’occupation des prisons de 114%, selon le ministère de la Justice.
À Haren, a précisé vendredi le ministère, “l’objectif est que 75% des détenus soient placés dans une unité de vie à régime semi-ouvert”. Ceux-ci seront répartis par groupes d’”une trentaine de personnes”, rassemblées en fonction de leur profil pénal, a souligné le ministre de la Justice Vincent Van Quickenbrone
Outre ces “unités de vie”, la nouvelle prison renferme un quartier de haute sécurité censé accueillir cet automne les accusés du procès des attentats de mars 2016 (32 morts à Bruxelles), dont le jihadiste français Salah Abdeslam.