Images chocDes cochons mutilés dans un élevage, un salarié traumatisé témoigne

Raphaël Ferber
L'association L214 dénonce une nouvelle fois des cas de maltraitance animal, cette fois dans un élevage de cochons de l'Yonne. Un ancien salarié témoigne.
© Pixabay Illustration

Grégory Boutron est traumatisé. Cet homme de 37 ans est un ancien salarié d’un élevage de cochons d’Annay-sur-Serein, dans le Tonnerrois, dans l’Yonne. Ce jeudi, on le voit dans une vidéo diffusée par l’association L214, qui oeuvre à défendre les animaux et qui dénonce de nouvelles maltraitances. Comme souvent, ces images choc ne sont pas à mettre devant les yeux d’un public trop sensible, même la prise de conscience est nécessaire. On y voit des truies “percées” par des coups de tournevis, en sang, hurlant de douleur, d’autres à qui l’ont coupe la queue à vif...

Les images ont été filmées par l’ancien employé, qui utilisait son téléphone portable. Celui-ci a été choqué par son passage dans cet élevage. “Je ne mangeais plus de viande”, explique Grégory Boutron. “Du coup, je faisais des cauchemars la nuit, ça me réveillait et je voyais la maltraitance qu’exerçait mon responsable. J’étais angoissé, j’étais stressé donc j’étais suivi par un psychiatre.”

“Ce n’est pas un film d’horreur, mais la réalité. J’en ai vu des enquêtes de L214, mais celle-là est particulièrement révoltante. Partageons autour de nous, même si les images sont difficiles. Les consommateurs, nos proches, nos collègues, doivent savoir” a commenté le journaliste Hugo Clément, devenu une figure de la défense des animaux.

Grégory Boutron affirme, lui, avoir menacé ses supérieurs de l’époque à plusieurs reprises, qui ne le prenaient pas au sérieux. “J’ai pris mon courage à deux mains, j’ai appelé le patron et je lui ai dit par téléphone que j’ai enregistré la conversation et que je la donnerai à L214. Mais il s’en fout lui, il me dit ‘oui vous avez raison’ et à la fin il me dit ‘je m’occupe de ça, je fais le nécessaire’. Sauf qu’il n’a jamais rien fait.”

L’ancien salarié a choisi de porter plainte pour maltraitance animale à la gendarmerie en février dernier, avant de prévenir l’association. L214 a également porté plainte, auprès du procureur de la République d’Auxerre.
Cet élevage abrite entre 1.000 et 1.500 truies et emploie sept salariés.

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