L’extension du pass sanitaire aux bars et aux restaurants constitue un enjeu de taille pour les responsables et personnels d’établissements. La préfecture de la Moselle en a conscience, c’est pourquoi l’opération de contrôle organisée ce lundi 9 août à Metz ressemblait plus à une rencontre placée sous le signe de l’échange avec les professionnels du secteur.
“L’objectif, nous a confié Olivier Delcayrou, sous-préfet de l’arrondissement de Metz, c’est d’être, sur ce premier jour d’obligation du pass sanitaire, dans les restaurants, les bars et les brasseries ; de pouvoir être à la fois aux côtés des restaurateurs pour voir comment ça se passe concrètement. Et en même temps rappeler que c’est une obligation, qu’elle est aujourd’hui indispensable à l’atteinte de notre objectif, c’est-à-dire de pouvoir avoir une immunité collective et pouvoir éviter un reconfinement qui serait vraiment dramatique à la rentrée.”
Gérer la file d’attente, faire patienter les clients en attendant de pouvoir contrôler le pass, le tout en restant cordial... C’est un délicat rituel qu’il va falloir intégrer pour les personnels du secteur de la restauration.
“Pour l’instant les gens sont gentils, a constaté Sahra Naceur, serveuse du Balthazar. Ils acceptent, on n’a pas eu de gens sans pass pour le moment, du coup aucun problème.”
Nicolas Rapenne, chef du restaurant El Théatris, a vécu un lundi plus agité: “Ce matin, les premiers qui sont venus boire un café n’avaient pas de pass. On leur a dit: ‘non, désolé, on ne peut pas vous servir.’ Ils partent un petit peu en grognant mais on n’a pas le choix.”
Laurent Gaspard, patron des Trappistes, s’est lui inquiété pour ses employés. Après un tour de table pour évoquer les nouvelles problématiques autour de la vérification du pass sanitaire, les retours ont été sans équivoque: “La majorité m’a dit: ‘mon téléphone, c’est mon téléphone, il est personnel ; ça bouffe ma batterie, ça use mon téléphone.’ Donc, qu’est-ce que j’ai fait? J’ai acheté des appareils qui ne font que ça. J’en ai acheté ce matin pour 1.000 euros.”
Il va donc falloir laisser du temps aux professionnels de la restauration pour apprivoiser ces nouvelles pratiques, comme il faudra en laisser aux clients pour se faire à ces contrôles “orwelliens”.
“La tolérance sera de mise pour les premiers jours, conclut Olivier Delcayrou. Comme à chaque fois dans les lancements d’une nouvelle obligation, il faut s’assurer qu’elle est réalisable, que les gens comprennent bien comment s’organiser. Dans quelques jours, on passera à des contrôles plus répressifs comme on l’a fait à chaque étape du pass sanitaire.”