
Depuis plusieurs jours, une pétition intitulée: URGENT! Pétition pour libération d’un innocent détenu en Turquie, circule sur internet. Elle émane du Comité de soutien à Mehdi. Son texte décrit la situation improbable dans laquelle se retrouve un Vosgien parti en Turquie pour le mariage d’un ami.
L’étudiant de 25 ans, originaire d’un petit village au sud d’Épinal, Le Thillot, s’appelle Mehdi Gérardin. Contacté, il témoigne de sa situation. “J’essaie de rester positif, mais ce n’est pas facile tous les jours” explique-t-il. Il ajoute: “Jamais je n’aurais cru me retrouver dans une situation pareille.”
Pour comprendre les faits, il revient sur ce qui l’a conduit à être retenu sur le territoire Turque, en attente d’un procès pour “agressions ou attouchement sexuel”.

Le 3 août, Mehdi arrive à Trabzon, ville côtière de la mer Morte, pour le mariage d’un ami. “J’étais là depuis deux heures” précise le jeune homme, qui est avec le futur marié. “Nous étions dans une rue avec pas mal de monde. On essayait de se frayer un chemin”, poursuit Mehdi. Un mouvement dans la foule fait dévier les deux amis de leur trajectoire. C’est là que tout se joue.
Légèrement déséquilibré, Mehdi est projeté contre une dame. Si doucement, selon lui, qu’il tient à préciser, “je n’aime pas trop qu’on parle de bousculade. C’était plutôt juste un contact”. “Je me suis excusé et j’ai repris mon chemin”, se remémore-t-il.
La suite de ce banal événement va vite échapper au jeune homme. “J’ai fait quelques mètres avant qu’elle revienne”, reconstitue Mehdi. La dame, accompagnée d’un homme, crie alors “tu m’as violée” en le désignant. Un attroupement se forme, Mehdi et son ami sont agressés par la foule, sans trop de dommage, car la police arrive.
“Mon ami a eu peur que ça ne prenne des proportions plus graves”, confie Mehdi, soulagé à cet instant de ne pas être blessé. Cependant, les choses ne font que commencer, car la dame qui l’accuse porte plainte pour agression sexuelle. Mehdi est conduit en garde à vue.
Sorti du commissariat, Mehdi est actuellement interdit de quitter le territoire turque. “Je dois aller au commissariat tous les vendredis et si j’essaie d’aller à l’aéroport je serais arrêté”. Le jeune français est en attente d’un procès, “le problème c’est que ça pourrait prendre plusieurs mois”, déplore-t-il.
Pour expliquer une situation qu’il estime “invraisemblable et surréaliste”, Mehdi s’imagine que la dame veut profiter d’un touriste. Il essaie surtout de garder le moral grâce au soutien de ses proches et de ses amis, notamment la famille turque du marié chez qui il loge.
Ses parents en France font face comme ils peuvent, “Ma mère est stressée et paniquée. C’est dur pour elle”. Son avocat commis d’office a prévenu Mehdi de la peine encourue. Reconnu coupable, il risque entre deux et cinq ans de prison. S’il avoue que “c’est fatigant moralement”, le Vosgien à “confiance à 100%" en la justice turque. Il n’a aucun doute sur le résultat d’un procès: “Je sais que je suis innocent.”
Mehdi espère pouvoir rentrer en France au plus vite, “Je devais rentrer le 10. J’ai mon travail et mes études qui m’attendent”. Il est prêt à retourner en Turquie pour se présenter devant un juge. Pour faciliter les choses, le consulat lui a conseillé de réunir des témoignages de sa personnalité pouvant disculper le jeune homme de toutes mauvaises intentions.