Un chantier à 10 millionsArlon-Steinfort, le tronçon qui brouille les pistes

Luc Suriant
Inaugurée en 2020, elle fait déjà l’objet d’un réaménagement. La piste cyclable qui longe la N4 est un chantier qui fait beaucoup parler de lui.
© Administration des Ponts & Chaussées

Elle n’est probablement pas la solution à tout, mais c’est une piste comme une autre. Enfin, pas tout à fait puisque tout ne va pas comme sur des roulettes. Le segment entre Arlon et Steinfort, projet visant à encourager la mobilité douce pour relier les deux pays, n’est pas une totale réussite.

Depuis sa mise en fonction il y a un peu plus de cinq ans, la piste est critiquée par ses usagers qui reprochent notamment son étroitesse. Au point de rapidement faire l’objet d’un nouveau projet baptisé BELU et financé par l’Europe (FEDER), la Région wallonne, le ministère de la Mobilité et des Travaux Publics grand-ducal et les communes de Steinfort, Koerich et Arlon.

Dans le chef-lieu, le projet a été voté au conseil communal jeudi dernier. La ville devra mettre 552.000 euros de sa poche. De quoi faire grincer des dents alors que des questions s’étaient déjà posées en 2020 sur la sécurité et la cohérence de cette initiative.

Aujourd’hui, cette cyclostrade est sur les rails. La longueur totale de cette nouvelle piste sera de 10 km dont 6 km sur le territoire arlonais. Le tracé sera un prolongement de la piste qui relie la capitale grand-ducale à Arlon. Il passera par la Spetz, Windhof, Steinfort et Hagen. La fin du chantier est prévue pour janvier 2028 et ne s’arrête pas à une bande pour cyclistes puisqu’il s’agira notamment de sécuriser des carrefours, aménager les voiries, soigner l’éclairage et renforcer la séparation.

Presque 10 millions d’euros

Le projet est estimé à un peu moins de 10 millions d’euros, dont 40% sera pris en charge par l’Europe.

Cette liaison a été retenue car elle a été identifiée comme étant la liaison cyclable transfrontalière avec le plus haut potentiel des régions Benelux/Rhénanie du Nord-Westphalie, se justifie Interreg qui rappelle que chaque jour, plus de 30.000 Belges passent la frontière à Arlon pour aller travailler à Luxembourg-Ville, ce qui pose un réel défi pour les autorités en matière de congestion des flux, de pollution et de cadre de vie pour les villageois.

Côté belge, la SOFICO (Société wallonne de Financement Complémentaire des Infrastructures) insiste sur le côté qualitatif du projet avec notamment une largeur de 3 mètres qui devrait faire taire les détracteurs.

Il reste à se convaincre de la pertinence de ce report modal identifié pourtant à haut potentiel par des études belges et luxembourgeoises.

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