
L’image est saisissante: l’Antarctique semble saigner. Plusieurs photos de ce genre ont été partagées ces derniers jours par un scientifique ukrainien, Andriy Zotov, depuis la base de recherche de Vernadsky, dans la péninsule Antarctique.
Cette couleur sang a en fait un coupable: Chlamydomonas nivalis, une algue microscopique. On la surnomme aussi «algue des neiges» ou «sang des glaciers». On la trouve un peu partout dans le monde, “notamment dans les Alpes, et doit sa couleur au carotène, le pigment que contiennent notamment les carottes” rapporte le Figaro. Qui poursuit: “Cette algue ne craint pas les températures extrêmes et reste en quelque sorte au repos dans la neige une bonne partie de l’année. Quand le temps s’adoucit, elle se développe et prend une couleur rougeâtre en produisant des caroténoïdes afin de se protéger des rayons ultraviolets du soleil”.
Mais cette algue n’est pas le seul coupable: elle est à la fois une cause et une conséquence du réchauffement climatique"En raison de cette couleur rouge pourpre, la neige réfléchit moins le soleil et fond plus vite”, explique le ministère de l’Éducation et des Sciences ukrainien sur sa page Facebook.
Une nouvelle inquiétante donc, alors que l’Antartique bat des records de chaleur et que des chercheurs alertaient déjà en 2016 dans la revue Nature sur “l’impact dramatique” de ce genre d’algues qui peuvent réduire de 13% le pouvoir réfléchissant de la glace au cours de la saison de fonte.