Annonce au LuxembourgIl vend un masque de protection... à 180 euros

Romain Van Dyck
Avec le coronavirus et la pénurie de masques de protection débarquent une autre calamité: les profiteurs sans scrupules. Petit rappel sur l'usage et les limites de ces masques.
Un prix qui fait tousser, vu sur un site de petites annonces au Luxembourg...
Un prix qui fait tousser, vu sur un site de petites annonces au Luxembourg...
© Capture d’écran Facebook

L’épidémie de Covid-19 ne fait pas que des malheureux: depuis l’apparition de cette crise sanitaire, les ventes de masques et de gels hydroalcooliques s’envolent. Et comme toujours dans ces cas-là, des petits malins sentent le bon filon et surfent sur la pénurie.

© Capture d’écran Facebook

Ce qui fait tousser avec l’annonce ci-dessus, c’est d’abord le prix: 180 euros! (pour un seul masque). Publiée fin février sur la page “Bonnes affaires au Luxembourg” (l’annonce a depuis été actualisée en précisant que le masque avait été vendu), elle a évidemment fait réagir de nombreux internautes, certains se demandant si c’est une (mauvaise) blague, d’autres dénonçant un “profiteur”... Mais dans tous les cas, le prix n’est pas le seul problème.

PETIT RAPPEL SUR LES MASQUES DE PROTECTION

Face à cette ruée vers les masques, un rappel est essentiel: ces masques sont avant tout destinés aux malades et aux soignants. Si vous n’êtes pas malade ni en contact fréquent avec de potentiels malades, porter un masque ne servira pas à grand chose, clament les autorités: «L’usage [des masques] à titre préventif pour les personnes n’étant pas en contact rapproché des malades est en effet inutile» martèle ainsi le ministère de la santé français.

Pourquoi? Pour plusieurs raisons.

  • Parce que le masque chirurgical (le moins cher) est plein d’aérations (sur le côté, au niveau du nez...) qui permettront au virus de rejoindre vos voies respiratoires. Et si vous êtes déjà malade, ces masques disposent de filtres pour éviter de projeter des gouttelettes infectieuses, mais les aérations, là-encore, ne garantissent pas une protection optimale.
  • Les masques filtrants (type FFP2 et FFP3, surnommés “masques canards”) s’adaptent mieux au visage et ont un dispositif de filtration plus efficace des bactéries et des aérosols (théoriquement 92 % des particules pour le FFP2 et 98 % des particules pour le FFP3). Mais leur efficacité peut vite diminuer, notamment parce que le grand public n’est pas formé pour bien les utiliser. Un exemple tout bête rappelé par le Centre de contrôle des maladies américain (infographie ci-dessous): il suffit d’avoir une barbe pour ruiner l’efficacité du masque.

  • Ces masques filtrants ont une durée de vie très limitée: pour un masque FFP2, la durée de protection varie entre trois et huit heures. Donc imaginez le budget si vous voulez être protégé au quotidien...

Et les prix, justement? Selon Le Monde, le prix des masques chirurgicaux “varie entre 20 et 50 centimes l’unité”, mais ce prix flambe ces derniers temps. Les masques de protection respiratoire de type FFP sont évidemment plus chers: “pour les modèles FFP2, les prix varient entre quelques euros et 20 euros l’unité en moyenne; pour les modèles FFP3, il faut débourser plusieurs dizaines d’euros l’unité”.

Bref, débourser 180 euros pour un masque FFP3 semble un mauvais investissement: le prix est bien trop élevé pour un produit dont la durée de vie est ridicule, qui n’est pas recommandé pour le grand public, et dont l’origine est incertaine. Si vous voulez vous protéger du virus, il sera plus efficace et moins coûteux de respecter les règles élémentaires d’hygiène, dont cette règle d’or: lavez-vous bien les mains!

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