
Contactée par nos soins, la Police Luxembourgeoise n’a pas souhaité communiquer sur le sujet. Côté français en revanche, la gendarmerie s’est montrée plus coopérative. Il faut dire que les Gaulois sont réputés réfractaires, et après des semaines de confinement, les forces de l’ordre avaient de belles histoires à nous raconter.
C’est un grand classique, déjà en temps normal pour les gendarmes: Les couples surpris en pleins ébats dans leur voiture. Mais en période de confinement, c’est encore plus difficile à justifier...
Alors qu’ils effectuaient leurs rondes dans le pays de Montbéliard, les gendarmes du Doubs ont surpris deux couples en pleine séance. L’un des couples a même présenté des attestations de déplacement. L’homme avait coché la case “entraînement physique”, sa partenaire “courses de première nécessité”. L’autre couple n’avait pas d’attestation, mais en parfait gentleman, monsieur a indiqué vouloir payer les deux amendes. Soit 270 euros.
À Apt, dans le Vaucluse, un autre couple a été verbalisé pour non-respect des règles de confinement. Et cela pour avoir promené… leur lapin en laisse! Et le plus drôle, c’est qu’ils étaient en récidive. Selon La Provence, le couple avait déjà été interpellé pour le même motif quelques jours plus tôt. Les gendarmes de la compagnie de Pertuis avaient alors fait preuve d’indulgence, mais un peu moins la deuxième fois. Montant de l’amende 135 euros.
À Metz, le Lieutenant Bertrand Loubette, officier de communication de la région Lorraine, explique que les gendarmes ont souvent à faire à des individus de mauvaise foi. Il relate ce contrôle d’un homme parti acheter des cigarettes, et rebelote, une heure plus tard, le même qui explique lors de son deuxième contrôle avoir oublié d’acheter un briquet...
Toujours en Moselle, une personne voulait d’urgence aller fleurir la tombe d’un proche “avant que les fleurs ne soient fanées”.
Autre pépite, cette fois en Picardie, cet homme “contrôlé à plus de 50 km de chez lui, qui a expliqué au gendarme avoir besoin d’acheter du cassoulet”. Ou un autre qui “s’est déplacé pour faire laver sa voiture. Pas vraiment une situation d’urgence”. Impayable enfin, ce contrevenant qui, une fois contrôlé, explique naïvement qu’il est à la recherche de Pokémon!

Le “17", numéro d’urgence de la police et de la gendarmerie, reçoit des milliers d’appels, parfois saugrenus, depuis le début du confinement. Mon mari peut-il passer le week-end chez sa maîtresse? Un inconnu caresse mon cheval, risque-t-il de le contaminer?
“Il y a eu une explosion des appels, multipliés par trois” les premiers jours du confinement. Depuis, “ça se résorbe, mais leur nombre reste important”, souligne un porte-parole de la gendarmerie dans le Nord. “Des gens appellent pour tout et rien, parce qu’ils s’ennuient. Ils veulent juste parler”, explique de son côté un policier.
À Dijon, une femme a utilisé le 17 pour lancer un vibrant appel au secours. “Après mon divorce, j’ai réussi à retrouver quelqu’un. Mais il habite à 25 kilomètres de chez moi. Comment faire avec le confinement?”, a-t-elle demandé à l’agent, sans autre solution à lui proposer que la verbalisation. “Mais on s’aime!”, a-t-elle plaidé.
Au Centre opérationnel de gendarmerie (COG) d’Ile-et-Vilaine, une personne inquiète “nous a appelés parce qu’elle avait l’habitude d’acheter sa viande halal à Lorient alors qu’elle habite dans notre département”, raconte un gendarme. “On a des appels sérieux pour des renseignements” mais aussi “des appels abusifs qui frisent la débilité, quand même”, reconnaît-il.
“On a eu un couple assez libertin qui voulait savoir si le mari pouvait passer le week-end comme d’habitude chez sa maîtresse!”. Mais il y a aussi, dit-il, “le tout venant des violences intrafamiliales, les problèmes de voisinage en légère augmentation”.
Au COG du Rhône, “on a un afflux d’appels chaque jour après les informations. Pour des questions qui méritent d’être posées ou...pour savoir si on peut sortir sa poubelle avec le confinement”, s’amuse un gendarme.
En Gironde, l’augmentation des appels est forte, “de l’ordre de 40 à 50%” en zone police. “C’est exclusivement pour des renseignements comme: j’ai sorti mon chien ce matin, est-ce que je peux le faire ce soir?”.
Il y a aussi quelques appels de dénonciation, reconnaît-on au COG de l’Ardèche. “Mon voisin discute avec beaucoup de gens et ne respecte pas le confinement” ou “il y a trop de monde chez mon voisin”.
Le Centre opérationnel de la gendarmerie de Privas “a reçu quelque 600 appels par jour au début du confinement”. “Il y a toujours un pic quand il y a des annonces de nouvelles mesures par le gouvernement. Aujourd’hui, ça tourne autour de 300”.
“On a régulièrement des appels pour savoir si on a le droit de se déplacer pour telle ou telle raison. Mais aussi... pour dénoncer: mon voisin sort trop souvent”, note-t-on dans la Drôme.
Les forces de l’ordre soulignent pour autant que les appels pour signaler des rassemblements ne “sont pas de la délation, mais de la dénonciation, parce que derrière il y a un intérêt sanitaire et donc général”.