
“J’écris les romans que j’aimerais lire en tant que lecteur”, explique Guillaume Musso avant la sortie le 3 mars de son 23e roman.
“Et, pour moi, la première qualité d’un livre est de dépayser, de fuir la réalité quotidienne, surtout quand cette réalité est assez plombante, comme en ce moment”, ajoute-t-il dans un entretien à l’AFP.
Guillaume Musso espère que cette magie va encore opérer avec “Le crime du paradis”, dont le tirage de 450.000 exemplaires est l’un des plus importants de l’année en France.
L’écrivain de 51 ans est depuis deux décennies l’auteur ayant vendu le plus de livres en France, selon son éditeur, Calmann-Lévy, se basant sur les données de l’institut GfK. Traduits en 47 langues, ses romans se sont écoulés à 34 millions d’exemplaires au total.
Ce succès époustouflant ne l’empêche pas de “garder les pieds sur terre": “Je suis le personnage public de Guillaume Musso un mois tous les ans ou les deux ans, lorsque je sors un roman. Le reste du temps, je suis le père de mes deux enfants et je travaille”.
“J’ai besoin d’écrire beaucoup. C’est à la fois un plaisir et une souffrance” car “il faut se mettre un peu dans un état de vulnérabilité” pour entrer dans l’univers d’un roman, témoigne-t-il.
Avec “Le crime du paradis”, Guillaume Musso a voulu écrire un “whodunit”, un genre littéraire basé sur l’expression anglaise “who has done it?” (“qui a fait ça?”), pour décrire un roman axé sur la résolution de l’énigme.
“J’aime bien ce côté ludique, l’idée de faire participer le lecteur à chercher le coupable, comme dans le jeu Cluedo”, explique l’auteur.
Et, pour cela, il a choisi de mettre en scène la spécialiste du genre, Agatha Christie, qui apparaît sous les traits d’Agatha Harding, une jeune écrivaine délurée invitée à séjourner dans une villa luxueuse par un couple d’Américains glamour, les Livingstone. C’est alors que le fils de ces derniers, âgé de trois ans, est enlevé en pleine nuit.
L’action se déroule en 1928 et Guillaume Musso a glissé de nombreuses références à cette époque: l’enlèvement est ainsi inspiré de celui du bébé du célèbre aviateur Charles Lindbergh en 1932, considéré comme “le premier fait divers mondial” ayant enflammé la presse à sensation.
“Les bons romans ne s’écrivent pas avec de bons sentiments. Ils s’écrivent avec de la sueur et des litres de sang”, affirme Agatha Harding à la fin du livre, qui se termine par une succession de twists.
Guillaume Musso s’est fixé comme impératif de ne pas employer de mots qui n’existaient pas en 1928 et de ralentir un peu le rythme de l’enquête.
“Écrire un roman policier sans téléphone portable est une véritable respiration. Les enquêteurs d’aujourd’hui sont des gars derrière un écran et ce n’est pas du tout romanesque”, reconnait-il.
“J’avais envie d’une enquête à l’ancienne”, à l’image de celles d’Agatha Christie, “une romancière qui m’accompagne depuis l’adolescence”.