
“Nous faisons face à une mutation profonde de notre métier depuis l’arrivée de l’intelligence artificielle. Cet outil, extraordinairement précieux pour certains métiers, est aussi une hydre dévorante pour les artistes que nous sommes”, écrivent les signataires dans un texte publié sur le site internet du Parisien et transmis à l’AFP par l’Adami, organisme de gestion collective des droits des artistes interprètes, à l’origine de cette initiative.
Elle compte parmi ses signataires notamment les acteurs Swann Arlaud, Gérard Jugnot, Franck Dubosc et José Garcia, ainsi que les actrices Léa Drucker, Elodie Bouchez et Karine Viard.
“Le clonage de voix sans autorisation de comédiennes et de comédiens devient légion”, s’inquiètent les acteurs et actrices, estimant que “pas une semaine ne passe sans qu’un artiste n’alerte sur la concurrence brutale que l’IA fait subir à son travail”.
Selon eux, “ce sont parfois des centaines d’artistes, moins établis, qui n’ont souvent pas les moyens de refuser un contrat, qui cèdent leurs droits pour l’IA, malgré les risques pour leur image et leur avenir”.
“Ce pillage en règle n’est pas du fantasme, c’est ici et maintenant. C’est insupportable et cela se passe sous nos yeux”, s’alarment-ils.
La tribune appelle à la création d’un “cadre juridique” pour que “l’IA puisse coexister avec le travail des artistes et le respect des droits d’auteur et droits voisins”.
Depuis plusieurs mois, les initiatives se multiplient dans la profession face la menace que l’IA fait peser sur l’ensemble de la filière (studios, acteurs...) et la déferlante de contenus reproduisant quasiment à la perfection les artistes et leurs voix.
Fin janvier, huit comédiens de doublage français avaient adressé des mises en demeure à deux sociétés américaines ayant cloné leur voix sans leur accord.
Des comédiens sont récemment descendus dans la rue à Paris et ont lancé un collectif “Touche pas à ma VF” réclamant un “doublage créé par des humains pour des humains”.
Ce débat dépasse largement la France: la semaine dernière, le logiciel chinois Seedance 2.0 a été accusé par les grands studios hollywoodiens de violations “massives” des droits d’auteur, après la diffusion, entre autres, d’une vidéo virale générée par IA montrant un combat entre Tom Cruise et Brad Pitt.