Index, salaires, télétravail...Pourquoi le Luxembourg a du mal à recruter

Thomas Toussaint
L'Union des entreprises (UEL) et la Fédération du recrutement ont réalisé un baromètre de l'emploi. Voici les résultats de cette étude.
© Marc Mueller via Pexels

Pas assez de diversité, des salaires insuffisants pour les candidats, un télétravail trop limité... Dans leur 2e baromètre de l'emploi, l'Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) et la Fédération des cabinets de recrutement (FR2S) pointent de nombreuses difficultés pour les patrons du Luxembourg.

Aujourd'hui encore, après une année qui avait vu les salariés se placer en position de force, le Luxembourg a du mal à recruter.

Premier défaut du pays: vouloir recruter des profils trop souvent similaires. "Les cabinets sont principalement mandatés pour la recherche de candidats ayant 5 à 10 ans d’expérience alors que le recrutement de candidats de plus de 50 ans reste très limité" nous apprend le baromètre. Un comble quand on sait que plus de 125.000 salariés ont plus de 50 ans. À force de souhaiter embaucher des employés avec la même expérience, un effet de pénurie s'accentue.

Outre le manque de diversité dans les profils des candidats, les entreprises ont trop tendance à vouloir recruter des travailleurs "directement opérationnels" et qui parfois ne collent pas aux objectifs de l'entreprise. Alors que la formation serait un plus, comme le rappelait récemment la Chambre des salariés.

Autre frein: le télétravail. Car les frontaliers, qui représentent la moitié de la main-d'œuvre du pays, sont limités fiscalement et au niveau de la sécurité sociale. 85% des cabinets de recrutement considère que le manque de télétravail réduit l'attractivité du Luxembourg auprès des frontaliers.

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Côté candidats, le baromètre pointe un salaire attendu supérieur au budget des entreprises. Le salaire serait même doublement pénalisant, selon les cabinets de recrutement, car les entreprises internationales ne "comprennent pas" l'indexation des salaires: "78% des cabinets de recrutement considèrent que l'indexation des salaires représente un frein pour que les investisseurs étrangers se renforcent au Luxembourg ou s'y implantent." Véritable atout social des travailleurs, cet argument ne serait que très peu utilisé par les recruteurs: "Plus de la moitié des cabinets de recrutement n’utilisent pas l’indexation des salaires quand ils recrutent à l’étranger" affirme le rapport.

Le baromètre de l'UEL et de la FR2S décrit également certains avantages fiscaux, comme la prime participative et le régime d'impatrié, comme "pas assez compétitifs".

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Finalement, le baromètre pointe un manque d'efforts dans le "nation branding": "40% des cabinets estiment que l’image du Luxembourg n’est pas bonne à l’international."
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