L'ex-ministre et nouvelle députée LSAP Paulette Lenert était l'invitée de la rédaction de RTL lundi matin.

"Nouvelle présidente du LSAP, candidate aux élections européennes" "Je n'exclus rien" et "je suis ouverte à de nouvelles responsabilités, mais c'est le parti qui doit en décider", a dit la nouvelle députée socialiste Paulette Lenert.

L'ancienne ministre de la Santé siège au total dans huit Commissions parlementaires différentes, mais pas à la Commission de la Santé. C'était "une discussion interne au parti". C'est en effet là que sont discutés des projets qu'elle a elle-même lancés et le parti a décidé qu'en tant que ministre sortante, elle doit s'abstenir. "Cela ne signifie toutefois pas qu'elle ne peut pas aller à la Commission de la Santé, sans en être membre officiellement." En tout cas, "elle suivra de très près ses travaux."

De grandes divergences avec le DP en ce qui concerne le tabac

De nombreux projets figurant dans le chapitre "santé" de l'accord de coalition "avaient été pensés par le gouvernement précédent." "La prévention était déjà un axe majeur du Plan national de santé." Paulette Lenert avait "elle-même déposé le projet de loi sur les sociétés" civiles d’exercice médical et/ou de professions de santé et il est actuellement en procédure législative. En ce qui concerne le virage ambulatoire, l'ex-ministre "espère que les projets prévus de centres médicaux ne seront pas freinés." Elle a cité les exemples de Junglinster, Mondorf et Wiltz. Le CSV et même le DP ont toujours accusé le LSAP de dirigisme en matière de politique de santé. "Il est vrai que le parti socialiste a eu des discussions plus animées avec le DP", par exemple, juste avant les élections, "sur le tabac". Le LSAP voulait augmenter le prix du tabac, mais des progrès n'ont été possibles que sous l'ancienne ministre des Finances, Yuriko Backes. En revanche dans d'autres discussions, comme l'interdiction des cigarettes jetables aromatisées (puffs) ou l'interdiction de fumer aux arrêts de bus, le DP avait opposé son veto politique.

"C'est un modèle "business first" qui a primé ici"

Dans le gouvernement précédent, Paulette Lenert était aussi ministre de la Protection des consommateurs. Elle a été "étonnée que ce nouveau ministère soit déjà supprimé" et qu'il n'en soit absolument pas question dans l'accord de coalition. Il s'agit d'"un pas en arrière au niveau du symbolisme, car la protection des consommateurs est une branche du droit relativement récente, qui distingue les pays progressistes qui défendent la partie la plus faible dans l'économie de marché, à savoir le consommateur."

Ce qui est "encore plus douloureux", c'est la suppression du titre de ministre de l'"Economie sociale et solidaire", dont relèvent des entreprises organisées en coopératives, mutuelles, associations et fondations. "Ce secteur représente à lui seul plus de 25.00 emplois au Luxembourg et donne la possibilité à des personnes vulnérables d'accéder au monde du travail. Ces entreprises ne travaillent pas dans un but lucratif, mais remplissent un objectif sociétal." Refléter ce secteur dans un titre ministériel lui a donné plus de poids et de visibilité. Et "ce n'est pas innocent quand quelque-chose n'est plus mentionné. Ce n'est pas un oubli, mais un choix conscient." "C'est un modèle "business first" qui a primé ici", critique Paulette Lenert. De manière générale, la députée a l’impression que les intérêts de l’économie passent avant ceux des citoyens avec le gouvernement CSV et DP. En tout cas, elle "ne connaissait pas le DP sous cet angle". "C'est un vent nouveau, très libéral, qui souffle", selon Paulette Lenert.