Les incidents antisémites rapportés consistent souvent à remettre en question le droit à l'existence de l'État d'Israël et aussi à faire l'apologie du terrorisme.

"Le Luxembourg n'est pas isolé et le nombre d'incidents antisémites a énormément augmenté depuis début octobre", a indiqué jeudi matin sur RTL Bernard Gottlieb, le président de l’ASBL "Recherche et information sur l’antisémitisme au Luxembourg" (RIAL). Il a expliqué que les incidents consistent souvent à remettre en question le droit à l'existence de l'État d'Israël et aussi à faire l'apologie du terrorisme.

En 2021, l'ASBL RIAL avait enregistré "80 incidents, c'était un record.Cette année, 105 incidents lui ont déjà été signalés, dont 70 depuis l'attaque du Hamas sur Israël." La majorité des incidents antisémites interviennent sur les réseaux sociaux. Aucun cas concret d'agression physique n'a été signalé au Luxembourg. Si ces manifestations d'antisémitisme ne se passent pas en ligne, elles prennent plutôt la forme d'intimidations et de provocations, explique Bernard Gottlieb.

Antisémitisme dans les écoles

Aux Etats-Unis et en France, de nombreux incidents antisémites sont constatés dans des écoles et des universités. Au Luxembourg, il s'agit plutôt de cas isolés, comme cet été dans une école à Esch-sur-Alzette, où un jeune homme s'était radicalisé et pensait devoir jouer au nazi, précise Bernard Gottlieb. Depuis le 7 octobre, date des attentats du Hamas contre Israël, il y a certainement davantage d'incidents dans les écoles aussi, mais aucune information n'a été officiellement publiée à ce sujet. Officieusement toutefois, un professeur, par exemple, a contacté l'association RIAL à cause d'une dispute entre un élève israélien et un élève très pro-palestinien, mais comme dit plus haut, ce sont des cas isolés.

"Quelque chose doit se passer concrètement"

Depuis fin septembre, le Luxembourg est officiellement doté d'un plan d'action national de lutte contre l'antisémitisme (PANAS), adopté par le conseil de gouvernement. Ce plan fait suite à une directive européenne. Le PANAS prévoit notamment de mieux appréhender le phénomène de l'antisémitisme, ce qui n'est absolument pas le cas actuellement. C'est pourtant important. Différentes organisations ont des définitions différentes de l'antisémitisme et "chacune bricole dans son coin", critique le président de RIAL. Par conséquent, "il n'y a pas de vision globale du phénomène", c'est la raison pour laquelle l'ASBL RIAL appelle à une harmonisation.

En tant que plan, le PANAS suffit a priori. Les sept mesures qui y sont retenues, sont issues de consultations avec les acteurs concernés. Mais "avoir un plan, c'est bien. Avoir une direction, c'est bien. Cependant, maintenant il faut travailler. Quelque chose doit se passer concrètement", demande Bernard Gottlieb.

Retour sur l'affaire du Bazar International

Le stand israélien, présent au Bazar International depuis des années, a été décommandé à la dernière minute le week-end dernier. Suite au conflit au Proche-Orient, le conseil d'administration du Bazar International avait adressé une lettre officielle aux exploitants du stand afin de les "encourager à ne pas participer à cette édition du Bazar International". Bernard Gottlieb "peut comprendre qu'il y ait des inquiétudes en matière de sécurité en général, mais cela constitue déjà un problème en soi. C'est exactement ce que veulent les terroristes: faire douter les gens, leur faire peur." Il a été particulièrement mécontent de la lettre qui a été écrite par les organisateurs de l'événement. Il est "allergique à ceux qui disent 'nous prenons cette mesure pour votre bien'". Il estime que chacun peut décider lui-même ce qu'il veut faire et ne pas faire. La police n'avait pas non plus émis de réserves en matière de sécurité.